Interrogé sur la Première RTBF le 14 septembre, Yves Coppieters a déclaré que la surmortalité de quelque 3000 personnes en Belgique, durant les canicules de l’été, « a été vraiment une surprise ». Constatant que le Sud du pays avait beaucoup souffert, le ministre  Les Engagés (santé, environnement, solidarités et économie sociale) a toutefois voulu rassurer les auditeurs en insistant sur les neuf stratégies du Plan d’adaptation au changement climatique adopté le 27 août par le Gouvernement wallon. En réalité, il n’y a guère de quoi être rassuré.

Surprise surprenante

Remarque préalable: la surprise de M. Coppieters est… surprenante. Selon l’ISSP, la canicule de 2003 avait entraîné une surmortalité de 1300 personnes en deux semaines. En 2026, les trois vagues de canicule ont totalisé sept semaines avec des températures plus élevées qu’en 2003. Même si l’évolution de la structure démographique dicte la prudence dans la comparaison d’événements que plus de vingt années séparent, 3000 victimes en sept semaines ne semble pas qualitativement différent de 1300 victimes en deux semaines.

M. Coppieters n’est pas une exception: à l’instar de Macron – « qui aurait pu prévoir ?» – de nombreux leaders européens ont plaidé la « surprise ». Cela permet d’éviter le bilan de ce qu’ont fait les gouvernements entre 2003 et 2026 – à savoir rien, ou presque… alors que les scientifiques mettent en garde depuis plus de trente ans sur l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. 

Et la Wallonie, là-dedans? Depuis 2003, elle dispose d’un « Plan forte chaleur et pic d’ozone ». Il est composé de trois phases – « vigilance », « avertissement » et « alerte » – mais ne comporte guère plus que des conseils sur les comportements individuels à adopter (genre: « hydratez-vous », etc). Or, l’effet protecteur de ces conseils varie non seulement selon les individus mais aussi selon les conditions de travail, d’étude, de logement… de mobilité. Les canicules, en d’autres termes, sont à la fois météorologiques et sociales. Protéger la population demande des mesures structurelles et des règlementations. Le Plan forte chaleur n’en contenait aucune.

« La Wallonie dans un monde à +3°C »

Monsieur Coppieters n’est évidemment pas responsable de cette situation: il n’est ministre que depuis 2025. Par contre, il est coresponsable du« Plan d’adaptation » de son gouvernement, dont il a fait la promotion sur les ondes de la RTBF. Or, c’est peu dire que ce nouveau « Plan » n’est pas non plus à la hauteur des défis. Il est même complètement contradictoire. En effet, il mise sur une hausse de température globale de 3°C d’ici 2100(1)Le texte va même plus loin: il prend comme référence le scénario SSP3-7.0 du GIEC, dans lequel les 3°C de réchauffement seraient atteint dès 2060-2080., donc de +4°C en Europe (le continent se réchauffe plus vite que la moyenne)… c’est-à-dire sur un réchauffement auquel il sera impossible de s’adapter!

Le climatologue Jean Jouzel, ex-vice-président du Groupe de travail 1 du GIEC (science du changement climatique) est catégorique: « On ne pourra pas s’adapter à une augmentation de + 4 °C, ni même + 3 °C, c’est faux ! Bien sûr, nous avons besoin de mesures d’adaptation dès aujourd’hui, mais nous devons aussi conserver la capacité d’adaptation des générations futures. C’est la raison pour laquelle la réduction des émissions de gaz à effet de serre doit rester une priorité», déclarait-il en juillet dernier.

Interrogée au cours de la même période, Yamina Saheb, ingénieure énergéticienne, autrice du GIEC, abonde dans le même sens: « parler d’adaptation à +4°C n’a pas de sens car, en passant de +1,5°C à +4°C, on aura tué l’écosystème qui nous permet de vivre. L’adaptation n’est possible que si on réduit les émissions. Il faut s’attaquer aux causes structurelles ».

Pas d’adaptation possible sans réduction des émissions

On pourrait multiplier les citations, car les spécialistes sont unanimes: pas d’adaptation possible sans réduction très rapide des émissions. Une « liaison interne entre ces deux volets de la politique climatique est nécessaire », lisait-on d’ailleurs dans un rapport rédigé par la « Plateforme wallonne pour le GIEC »… à la demande de la Wallonie. Or, cette « liaison interne » est absente en pratique du « Plan d’adaptation » vanté par Y. Coppieters.

En théorie, tout baigne: le texte dit que « La réduction des émissions de gaz à effet de serre demeure le principal levier pour limiter l’intensification future des aléas climatiques. Les politiques d’atténuation restent donc une priorité d’action. L’adaptation ne se substitue pas à l’atténuation: les deux démarches sont indispensables et doivent être poursuivies de manière simultanée ».

En pratique, ce ne sont que belles paroles. Il suffit de jeter un oeil sur les actes du MR et des Engagés pour s’en rendre compte. En même temps que le gouvernement wallon adopte son « Plan d’adaptation », ces partis:

  • soutiennent à fond l’expansion des aéroports. C’est incompatible avec la réduction des émissions, mais aussi avec une adaptation digne de ce nom (plus de vols signifient plus de particules fines et d’ozone, donc plus de victimes lors des canicules);
  • suppriment des gares, des arrêts de bus et augmentent les prix des transports en commun. Le contraire de ce qu’il faut faire pour s’adapter et réduire les émissions;
  • diminuent drastiquement les moyens alloués à la rénovation-isolation des logements. Or, celle-ci est un des leviers les plus importants pour mener « de manière simultanée » la réduction des émissions de CO2 et l’adaptation au changement climatique;
  • Etc.

Dans la suite de ce texte, nous passons en revue plus finement la politique wallonne relative aux deux volets « adaptation » et « réduction des émissions ». Commençons par l’adaptation.

« Résilience écologique »? bla-bla-bla

Non seulement il n’y a pas de « liaison interne » adaptation-réduction des émissions, mais en plus les neuf « Objectifs stratégiques » (OS) du Plan wallon d’adaptation consistent en déclarations d’intention vagues, sans objectifs précis, sans engagements structurels, sans moyens détaillés… et que l’action du gouvernement contredit.

Prenons l’OS 4, « Prévenir et gérer le risque d’incendie des milieux naturels ». Il « vise, à l’horizon 2040, à disposer d’un territoire wallon capable de prévenir, anticiper et gérer l’augmentation du risque (…) en réduisant l’exposition des populations, des infrastructures et des écosystèmes, et en renforçant la préparation opérationnelle des acteurs concernés ». Le texte ajoute que « la gestion des milieux naturels et forestiers constitue un levier important pour réduire (cette) vulnérabilité , notamment via une meilleure diversification des essences et des structures de peuplement, et une gestion adaptée des lisières, des paysages et des zones humides».

Le texte le dit: à +4°C, il y aura des incendies tous les ans. Comment les combattre, vu les restrictions imposées à la Protection civile et aux pompiers? Qui assurera une meilleure « gestion des milieux naturels et forestiers », vu la décision de baisser les effectifs de la DNF, et de diminuer les enveloppes budgétaires dédiées à la biodiversité? Les contradictions se voient comme le nez au milieu de la figure!

« Résilience sociale »? un cynisme dégoûtant

Le cas de l’OS 6 « Renforcer la résilience de la population wallonne et réduire son exposition aux risques sanitaires, en particulier celle des groupes le plus vulnérables » est encore plus flagrant.

Le texte s’appuie sur une étude scientifique (PRW-317) réalisée pour la Région. Elle a mis en évidence « que dans les zones les plus à risque, les populations ayant des facteurs de vulnérabilité plus importants (âge, précarité socio-économique, maladies chroniques…) sont les plus exposées. (…) Pour l’inondation, le taux de ménage exposés augmente avec le niveau de précarité socio-économique; pour la chaleur, la partie des personnes en situation de grande vulnérabilité exposées à un aléa modéré à très élevé passerait de 11% aujourd’hui à 54% dans un monde à +2°C et 98% dans un monde à +3°C, contre 5, 30 et 87% pour l’ensemble de la population (…). Cette vulnérabilité sociale touche une majorité de la population wallonne: 62%, soit plus de 2.250.000 personnes, résident dans un secteur statistique à vulnérabilité sociale élevée à très élevée. Cette proportion atteint 64% dans les agglomérations, et la majorité de la population des dix plus grandes villes wallonnes – dont Charleroi, Liège, La Louvière, Mons et Seraing en tête – présente une vulnérabilité très élevée ».

Entre parenthèses: ce rapport a été remis en juin 2025. En supposant que le ministre de l’environnement et de la santé l’ait lu, il est permis de s’interroger sur la sincérité de sa « surprise » face à la surmortalité de l’été 2026…

Mais fermons la parenthèse. Face au constat dressé par PRW-317, que dit le « Plan d’adaptation »? Il « appelle à une population wallonne dont l’exposition aux aléas est réduite et la résilience pour y faire face augmentée, tout en priorisant les actions pour que les groupes les plus vulnérables ne soient pas plus exposés que le reste de la population ». Comment? Mystère!

Le cynisme de ce discours est dégoûtant. MR et Engagés mènent une politique de régression qui accroît les inégalités et la précarité. Il ne fait aucun doute que les personnes nombreuses que cette politique plonge dans la misère seront les premières à succomber lors des prochaines canicules. A +3°C, voire +4°C, avec 64% (soixante-quatre pour cent!) de la population urbaine en situation de « vulnérabilité élevée à très élevée », le nombre de victimes dépassera de très loin les chiffres de 2026. Pas besoin d’être épidémiologiste pour le comprendre…

Dolimont et ses semblables ne sont pas idiots. Ils disposent de toutes les informations pour savoir ce qui se prépare. Est-ce pour cela que les 3000 victimes de cet été sont invisibilisées (pas même une minute de silence lors des rentrées parlementaires, aucune empathie!)? On peut le penser… Pour la France, dans une déclaration récente, Valérie Masson-Delmotte (ex-coprésidente du GT1 du GIEC) a franchi le pas: cette gestion néolibérale est digne de « criminels climatiques ». Que fait dans cette galère le docteur Coppieters, sinon leur servir d’alibi?

Agriculture et sylviculture: déréguler au nom de l’écologie

La plupart des « Objectifs stratégiques » sont du même tonneau. Exception notable et très révélatrice: l’OS 8, « Renforcer la résilience de l’agriculture et de la sylviculture wallonne».

Alors qu’il faudrait renforcer les régulations pour protéger la biodiversité, la santé, favoriser de nouvelles cultures, de nouvelles pratiques agricoles, et prévenir les incendies, le texte plaide ouvertement dans l’autre sens: marché libre et aides publiques.  «Il serait illusoire  de développer de nouvelles cultures mieux adaptées au climat futur s’il n’y a pas de demande pour ces produits. Il s’agira, jusqu’en 2040, de soutenir l’adaptation des systèmes de production (…) ainsi que les mécanisme de mutualisation des risques climatiques. La simplification administrative peut contribuer à libérer du temps et des ressources pour l’adaptation des agriculteurs ». Même logique pour la sylviculture: « le soutien à la filière bois face aux chocs de marché induits par les crises (scolytes, tempêtes) sera prioritaire ».

En clair, le « renforcement de la résilience » écologique est invoqué sans détour pour justifier celui… de la propriété privée et de la production pour le profit: « L’agriculture et la sylviculture ont un lien très fort avec les objectifs stratégiques de régénération des sols et de la biodiversité: les mesures d’adaptation doivent pouvoir venir en appui de ces secteurs déjà sous contrainte et qui font face à de multiples cadres réglementaires ». Venir en appui comment? Certains songent-ils aux mégabassines à la française? En tout cas, la philosophie est claire: haro sur la régulation! Comparez à l’OS 6 sur la « résilience sociale »: le deux poids deux mesures de la politique de classe crève les yeux.

La participation démocratique, c’est pour les patrons

 Outre la « liaison interne » nécessaire entre adaptation et réduction des émissions, les scientifiques insistent sur un autre principe fondamental de la politique climatique: il n’est pas d’adaptation robuste sans implication des populations concernées à tous les niveaux: identification des fragilités, mesures à prendre, suivi de la mise en oeuvre. Cette préoccupation est vraiment le fil rouge qui traverse le dernier rapport du GIEC sur l’adaptation (AR6, GT 2). Les chercheurs soulignent la nécessité d’une démocratie participative intégrant les milieux populaires, les couches sociales les plus pauvres, les femmes, les jeunes, les petits paysans (et les peuples indigènes, le cas échéant).

La raison de cette insistance est évidente: les victimes des phénomènes météorologiques extrêmes ont un savoir particulier, fruit de leur expérience et de leur connaissance de leur environnement. Une politique d’adaptation digne de ce nom ne peut être le produit technocratique du savoir des « experts ». Elle doit être co-construite à travers un dialogue entre le savoir scientifique et celui des populations concernées, en donnant la priorité aux plus fragiles.

Ce principe de co-construction avec les couches sociales les plus menacées est complètement absent de la « Stratégie wallonne d’adaptation ». On comprend aisément pourquoi: dans le cadre d’une bonne information scientifique, diffusée sans paternalisme, demandez aux habitants et habitantes d’un quartier pauvre d’une ville wallonne quelles mesures permettraient de réduire l’exposition à la chaleur tout en réduisant les émissions de CO2, par exemple. Les réponses pencheront principalement dans le sens de plus de réglementation (par exemple, sur les conditions posées aux propriétaires de logement) et de plus de services publics de qualité, donc d’un refinancement par plus de justice fiscale. Il va de soi que le gouvernement MR-Engagés n’a aucune envie d’ouvrir la porte à une telle dynamique.

Par contre, L’OS9 (« augmenter la résilience des secteurs économiques wallons ») ouvre la porte en grand pour les patrons de PME, en particulier dans le secteur du tourisme. A lire le texte, on devine qu’ils ont été consultés et entendus. Contrairement aux habitant.e.s des quartiers pauvres des villes, ils ont eu l’occasion, eux, de « souligner la non-préparation face aux risques d’inondations, de vagues de chaleur et d’incendies ». La « stratégie wallonne » est pleine d’attention à leur égard: « les PME en particulier ne disposent ni du temps ni des ressources internes pour anticiper et gérer ces risques », ils est donc « impératif de pouvoir assurer que les chocs climatiques à venir ne perturberont pas l’activité économique » (chiche!), etc. Cerise sur le gateau de ce discours de classe: « Les mesures d’adaptation, en particulier lorsqu’elles peuvent avoir des effets sur l’activité économique et touristique, doivent être élaborées dans un cadre associant les secteurs concernés », en déterminant ceux « qui devront être accompagnés en priorité ».       

Cécile Neven « dynamise » la réduction des émissions

Voyons plus brièvement ce qu’il en est du volet « réduction des émissions ».

La coalition MR-Engagés a repris le Plan wallon Air-climat-énergie (PACE 2030) élaboré par le précédent gouvernement. Ce Plan confirmait l’objectif de neutralité carbone en 2050, avec 55% de réduction des émissions en 2030. L’association Canopea (anciennement Inter Environnement Wallonie) en critiquait l’imprécision et l’absence de chiffrage. La situation ne s’est pas améliorée sous la nouvelle coalition, que du contraire.

La Ministre de l’Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports dans le gouvernement de Dolimont est la MR Cécile Neven. Elle avait promis de « dynamiser » le PACE 2030 grâce à une « feuille de route » permettant de “rentrer dans l’implémentation”. Selon Canopea, les 100 mesures de cette « feuille de route » ne sont qu’une succession de propositions très larges, non chiffrées et non datées, sans guère d’informations complémentaires sur « l’implémentation ».

L’administration ne fait pas mystère des conséquences de cette politique: selon le site officiel « état de l’environnement de la Wallonie », « l’atteinte (des objectifs du PACE) n’est pas garantie ». C’est un euphémisme…

Backlash écologique à la belge

« Parole, parole, parole »: adaptation et réduction des émissions en trompe-l’oeil, sans mesure structurelles, sans objectifs chiffrés, sans moyens… sauf pour les patrons: cette situation ne découle pas du hasard mais d’une orientation politique plus que jamais axée sur la priorité à la croissance économique, à la compétitivité des entreprises et à la flexibilité du travail. Au niveau fédéral et à celui des entités fédérées. 

NVA et MR ont le pied sur le frein de la réduction des émissions de CO2. De Wever se moque de Greta Thunberg avec mépris. Clarinval réclame « une pause » dans les mesures environnementales (De Croo avait fait de même, sous la Vivaldi). Quintin criminalise les activistes. Bouchez réinvente carrément le message du GIEC: le sauvetage du climat dépendrait de la croissance, selon lui!…

Champions de la duplicité, les Engagés cherchent à fuir leur responsabilité. Or, ils sont complices. En signant l’accord de coalition fédéral, ils ont souscrit à une politique climatique qui « tient compte (encore) davantage des contraintes budgétaires, des choix technologiques disponibles et de la compétitivité de notre économie ». En clair: 1°) pas d’argent pour les services publics, seuls efficaces; 2°) vive le nucléaire et ls technologie d’apprentis-sorciers; 3°) exploiter encore plus la Terre et le travail pour satisfaire la soif de profit du Capital.

Selon une étude récente du Potsdam Institute for Climate Change Research (PIK), la planète a dépassé de 4-5 ans la bifurcation vers le « meilleur scénario » du GIEC. Nous entrons dès lors dans un « anthropocène dangereux » (+2,8°C en 2100, en appliquant le scénario moyen du GIEC), avec dérapage possible vers un « anthropocène ingérable » (+3,7°C en 2100, en appliquant le pire scénario du GIEC). Au-delà de 2100, ça devient carrément cataclysmique.

Quoique très difficile, revenir dans les rails du « meilleur scénario » du GIEC n’est pas impossible. Mais il faut pour cela un tournant radical, révolutionnaire, totalement incompatible avec l’accumulation du Capital. C’est la raison profonde du backlash écologique international dont Trump est l’incarnation (mais qui a sa source dans le « nexus capitaliste » entre la finance, les fossiles, la Big Tech et l’agrobusiness).   

La « stratégie wallonne d’adaptation » ne fait que confirmer ce qui était déjà manifeste dans l’accord de l’Arizona: les gouvernements belges participent pleinement à ce backlash, à tous les niveaux de pouvoir. Inutile de tenter de les convaincre d’une autre politique. Celle qu’ils suivent n’est pas le produit d’une « erreur », mais d’un choix de classe conscient: sauver le Capital, à n’importe quel prix. Ce choix menace l’immense majorité de l’humanité et la nature à laquelle elle appartient. Une lutte internationale est indispensable pour s’y opposer. Il faut bien la commencer quelque part. En Belgique, notre contribution à cette lutte implique de dégager l’Arizona et ses avatars.

Daniel Tanuro

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Photo : capture d’écran d’une interview de Cécile Neven, ministre wallonne du Climat, par Mélanie Joris pour la RTBF.

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