La direction du groupe Mestdagh à annoncé un plan de dégraissage massif : 450 pertes d’emploi sur 2700 travailleu.r.se.s (17% du personnel).

Le patronat dit vouloir privilégier les départs volontaires et si le quota n’est pas atteint, ils passeront aux licenciements secs. Les départs étant “volontaires”, il n’y aura (en principe) pas de prime. La purge représente en moyenne 7 personnes par magasin.

Le bruit circule que le patron voudrait se débarrasser de quelque quatre-vingt ouvrier.e.s (au dépôt central); la plus grande partie des pertes d’emploi toucherait alors les employé.e.s, notamment dans les magasins. Tou.te.s les travailleu.r.se.s rencontré.e.s au piquet nous disent que cela créera des conditions de travail insupportables.

Le plan patronal prévoit aussi la polyvalence, la suppression d’un quart de pause payé et le travail du dimanche obligatoire. À noter que les travailleu.r.se.s du dépôt ont déjà perdu le quart d’heure de pausé payé: “Ici, on doit travailler 7H15 pour être payé.e.s 7 heures”, nous dit un ouvrier.

Les CDD, les plus ancien.ne.s et les intérimaires sont les premier.e.s visé.e.s. Une travailleuse nous confie: “Chez nous il y a cinq intérimaires sur une bonne vingtaine de personnes, je ne vois pas comment faire tourner le magasin sans elleux. En plus, les intérimaires étant plus jeunes, et voulant avoir un vrai contrat, sont les plus producti.f.ve.s.”

Un travailleur nous cite le cas de son beau-fils : intérimaire, il s’attend à être poussé dehors; or, son épouse vient de perdre son emploi… Ce n’est qu’un exemple des drames sociaux créés par la course au profit.

Les difficultés rencontrées par les travailleu.r.se.s du groupe Mestdagh ont commencé en 2010, lorsqu’a été conclu le partenariat avec Carrefour. Cet accord avec Carrefour comportait aussi la reprise de seize magasins du groupe Carrefour sous l’enseigne Mestdagh.

Tout cela doit être vu et analysé dans le cadre de la concurrence féroce entre enseignes différentes de la grande distribution. Baisse des revenus oblige, les low cost (Aldi, Lidl,…) attirent de plus en plus de clients. Chaque enseigne investit dans la guerre des prix et de la concurrence.

Les conditions de travail et de rémunération du personnel sont tirées vers le bas dans l’ensemble du secteur. Par exemple, la polyvalence existant chez Lidl, Aldi et Colruyt se répand dans les autres chaînes. Une caissière témoigne: “Chez Lidl, les caissières ont un quota de clients à réaliser; chez nous, maintenant, ont doit signaler le nombre de clients qui sont dans la file. Nous augmentons la productivité, mais c’est le gérant qui touche la prime!”

 

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Un ouvrier du dépôt nous dit ne pas avoir été surpris par l’annonce des pertes d’emploi: “On s’attendait à un mauvais coup depuis l’arrivée du nouveau directeur, Guillaume Beuscart. Il a un palmarès de liquidateur d’emplois dans d’autres entreprises, il est embauché pour faire le sale boulot.”

La grève a éclaté spontanément dès l’annonce du plan patronal, lundi 7 mai à 11H30 environ. Elle s’est répandue comme une traînée de poudre dans les magasins et a été reconnue immédiatement par les organisations syndicales en front commun. Mardi 8, quarante magasins sur cinquante-deux étaient fermés par des piquets (la trentaine de magasins franchisés ne sont pas concernés par le mouvement). Comme on le voit sur les photos, le piquet au dépôt central de Gosselies est très bien fourni. Depuis lors, plus une seule marchandise n’entre ni ne sort du dépôt.

Rendez visite au piquet, envoyez des motions de soutien : dépôt logistic rue du Rosaire, Gosselies (sortie 22 sur l’autoroute A54)

Christiane Maigre et Daniel Tanuro