Ce samedi 16 mai, à la veille de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, nous manifestions ensemble dans le cadre de la Brussels Pride. Une nouvelle fois, l’ambiance de cet événement évoquait davantage l’oppression que l’émancipation : le mot d’ordre « When times get darker, we shine brighter », très joli sur le papier, s’est confronté à une réalité brutale, composée de provocations des partis de droite, de répression policière, de saluts nazis et d’agressions homotransphobes.
De nouvelles violences et répressions contre les militant·es
Nous devons d’abord saluer le courage de toustes celleux qui ont fait entendre leur colère face aux véritables humiliations que constituaient la présence de la N-VA et du MR à la Pride ! Ces partis ont fait du “wokisme” un problème et quiconque utilise ce mot au premier degré pense que la lutte pour les droits des personnes LGBTI en est un des maux.
Ainsi, ce sont 29 personnes qui ont été arrêtées administrativement, notamment à la suite d’un sit-in réalisé devant le char de la N-VA par le collectif « Kidnappe ta Pride. »
Même Ecolo a pu goûter à la liberté d’expression version MR, quand la police a demandé aux militant·es du parti vert de cacher les pancartes qui dénonçaient, à juste titre, le pinkwashing du parti d’extrême-droite. Un autre militant qui essayait de débattre avec Georges-Louis Bouchez (qui, comme à son habitude, déformait la réalité pour essayer de se donner raison, en comparant l’enthousiasme public qu’avait manifesté David Clarinval pour le torchon transphobe à la froide analyse d’un historien étudiant Mein Kampf) a été « gentiment » rappelé à l’ordre par la police bruxelloise avec quelques délicates bousculades.
Pendant que la police était occupée à protéger des partis qui n’avaient rien à faire là contre des manifestant·es qui cherchaient simplement à rappeler des faits élémentaires, elle n’a pas pu (ou pas voulu ?) intervenir pour défendre les personnes queers de vraies agressions : d’une part, des néo-nazis ont pu faire des saluts nazis sous le regard médusé des manifestant·es, d’autre part, une agression d’artistes queers (les drag queens Diva Beirut et Sherine Falasteen ainsi que la DJ transgenre Anira Orlando) par une bande d’adolescents non loin de la scène où iels avaient performé. La police n’a par ailleurs pas jugé nécessaire de communiquer sur ces affaires.
Ainsi, la police et la droite extrême ont une nouvelle fois prouvé, main dans la main, que leurs discours sur la sécurité des personnes LGBTQIA+ n’est qu’une façade pour leur objectif réel, la répression des mouvements sociaux.
MR et N-VA, hors de nos prides !
Nous le répétons depuis des années : la N-VA n’a rien à faire à la Pride et les récents développements au MR devraient également leur coûter leur place.
Le MR accueille des militants du parti d’extrême-droite “Chez Nous” dans ses rangs, sous l’impulsion de Georges-Louis Bouchez qui était venu en personne nous humilier en ce jour. Rappelons que récemment, GLouB exprimait le désir de s’intégrer au groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (CRE), aux côtés de Giorgia Meloni qui mène une politique contre les droits familiaux des lesbiennes et de leurs enfants. Ce parti a par ailleurs voté en majorité contre l’interdiction des thérapies de conversion pour les partis LGBTQIA+, soit un vote pour la torture des personnes queers.
La N-VA, déjà membre des CRE, était quant à elle le seul parti à avoir un score négatif lors du scanning politique réalisé par la Pride en 2024, avec le score abyssal de -14 points contre une moyenne de 12 points, 22 points derrière l’avant-dernier.
Tant que la Brussels Pride niera la réalité pour les quelques milliers d’euros que représentent la présence des chars de ces partis dans la manifestation, des incidents continueront d’arriver comme nous l’écrivions déjà l’année passée dans ces mêmes termes.
Trans gouines pédales contre le capital
Notre intervention a été accueillie avec enthousiasme par toute une partie des manifestant·es qui cherchaient désespérément un pôle réellement radical et anticapitaliste dans cette marée dépolitisée : nous avons crié nos slogans et distribué des tracts, contre l’Arizona, contre la N-VA, contre le MR et pour des solutions matérielles aux problématiques concrètes que rencontrent les personnes LGBTQIA+ au quotidien. Un discours malheureusement peu relayé dans les médias qui reprennent en chœur les mêmes marottes : il n’y a pas de problème en Belgique hormis quelques individus intolérants, nous avons bien de la chance d’être quatrièmes au classement ILGA et la vraie homophobie, elle est ailleurs ou causée par des gens venus d’ailleurs.
La Pride ne devrait pas être l’un des seuls moments de mobilisation et de revendication pour les droits LGBTQIA+ ; face aux attaques répétées de la droite et de l’extrême droite en Belgique et partout dans le monde, il est plus que jamais urgent que le mouvement LGBTQIA+ reste organisé tout au long de l’année. Défendre nos existences, c’est aussi rejoindre la résistance contre le gouvernement Arizona et ses homologues aux autres niveaux de pouvoirs, qui ciblent les travailleuses et travailleurs, les migrant·es, les femmes, les personnes racisées, et qui touche les personnes LGBTQIA+ de plein fouet. Nous devons le faire en nous unissant au-delà de nos divergences partisanes et organisationnelles, d’orientation ou d’identité pour frapper au plus fort sans nous disperser.
Nous resterons mobilisé·es lors des prochaines Prides du mois des fiertés pour porter notre message d’unité et de radicalité, pour la chute de l’Arizona et en solidarité avec toutes les autres victimes de ces gouvernements de malheur !
Photo : Brussels Pride du 16 mai 2026. Crédit : Gauche anticapitaliste / CC BY-NC-SA 4.0

