Nous publions ci-dessous la version longue du tract (également disponible en version courte et bilingue au format pdf en cliquant ici) que nous distribuerons lors de la marche climat qui se tiendra ce dimanche 11 octobre à Bruxelles.

La planète brûle. Ces derniers mois ont été absolument dévastateurs au quatre coins du monde. À la frontière entre le Népal et le Tibet, c’est un glacier qui s’est effondré de l’Himalaya et qui a provoqué une violente crue qui a tué plusieurs milliers de personnes. En Algérie, ce sont des incendies qui ont ravagé les villes et les campagnes. De son côté, l’Europe a passé l’été sous une chaleur tristement historique. Ce ne sont que quelques exemples qui reflètent la situation globale. La cause de cette catastrophe est connue : la combustion des énergies fossiles qui rejettent des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, toujours en plus grandes quantités.

Depuis plusieurs années, les investissements dans les énergies fossiles sont de nouveau à la hausse, alors qu’il y a urgence à sortir de notre dépendance à celles-ci, et cette tendance accélère encore sous l’impulsion du nouveau mandat de Donald Trump. Il cherche à réaffirmer la domination mondiale des États-Unis en s’emparant de grandes réserves de pétrole et en en contrôlant les flux mondiaux, au prix d’un déchaînement de violences et d’agressions militaires au Venezuela, en Iran,… et en maintenant un soutien au régime génocidaire de de l’État israélien, qui s’assure de sécuriser les accès aux hydrocarbures stockés dans les sous-sols de l’Asie de l’Ouest. Au-delà des États-Unis de Trump et de son complice Netanyahu, la dépendance européenne au gaz russe est un des principaux moteurs économiques qui finance sa guerre d’agression impérialiste contre l’Ukraine. Plus généralement, aux quatres coins du monde, on voit que les régimes dont la puissance repose sur les énergies fossiles ont tendance à évoluer vers différentes formes d’autoritarisme, comme c’est le cas en Iran, au Venezuela ou dans les monarchies du Golfe, par exemple.

Depuis plusieurs années, la fuite en avant du développement de l’intelligence artificielle est en train de faire exploser la demande d’énergie mondiale pour alimenter les data centers qui sont construits un peu partout. En retour, l’IA est de plus en plus intégrée dans les systèmes militaires et répressifs, renforçant encore les capacités de prédation sur l’énergie et les ressources des États impérialistes.

Toutes ces attaques interviennent dans un contexte de backlash écologique, où, sous l’impulsion des dirigeants réactionnaires, toutes les mesurettes écologiques mises en place, déjà largement insuffisantes, sont détricotées. Trump avait annoncé la couleur dès la campagne avec son Drill baby, drill. Du côté de l’UE, ce sont les trains de réformes omnibus qui suppriment les quelques maigres limitations qui étaient imposées aux entreprises jusqu’ici.

En Belgique, nous avons passé un été de tous les records. Il a fait beaucoup trop chaud et sec, pendant trop longtemps. Pendant qu’on étouffait dans les quartiers populaires bétonnés et que notre biodiversité partait en fumée, les riches ont pu partir dans des endroits du monde plus frais et se rafraîchir avec la clim. 3000 personnes sont mortes de la canicule et 3000 hectares ont brûlé dans les Fagnes. Les services de santé étaient saturés de personnes souffrant de la chaleur, et la journée la plus mortelle de la canicule l’a été plus que celle de la pandémie de COVID 19.

Tout au long de la catastrophe, les dirigeants ont laissé la population mourir, tout en alternant entre mépris et outrances : Théo Francken conseillant de boire une Stella au bord de sa piscine, Valérie De Bue touchant du bois pour que la canicule ne revienne pas, Bart De Wever faisant une prière au dieu de la pluie lors de ses vacances au Japon,… Rien de bien étonnant dans cette gestion de crise, quand on sait que ces gouvernements, comme ceux qui l’ont précédé, appliquent des mesures d’austérité qui aggravent les risques et les conséquences des catastrophes liées aux vagues de chaleur, comme par exemple la suppression de postes à la Protection Civile, les coupes budgétaires au nouveau du Département Nature et Forêts, les attaques contre les associations écologistes,… 

En parallèle, l’État mène une vague de répression sans précédent contre les activistes du mouvement Code Rouge, qui ont été arrêté·es et perquisitionné·es en juin dernier. Lutter contre la catastrophe écologique n’est pas un crime mais une nécessité ! Nous exigeons l’abandon des charges retenues contre nos camarades, et nous appelons tout le mouvement climat à être solidaire.

Au-delà de leur responsabilité dans la crise écologique, les différents gouvernements mènent une véritable politique de guerre sociale, en s’en prenant directement aux conditions de vie des travailleur·ses : exclusion du chômage et des malades de longue durée, criminalisation de la migration, réforme des pensions,… Toutes ces mesures plongent des pans entiers de la population dans la précarité. Quand il fait chaud, c’est une double peine. Plus on est pauvre, plus on subit les conséquences des crises écologiques et des vagues de chaleur : la santé est plus fragile, l’air est plus pollué, l’habitation est plus mal isolée, l’accès au frais est plus compliqué,… et les dirigeants sont directement responsables de cette double situation de vulnérabilité sociale et écologique, ils ont du sang et des cendres sur les mains.

En même temps, une crise de l’inflation et de l’énergie fait rage, suite au blocage du détroit d’Ormuz causé par la guerre de Trump en Iran. La population ne parvient plus à remplir sa cuve à mazout en prévision de l’hiver ou à faire le plein de diesel. Une des solutions évidentes face à cette situation est l’usage des transports en commun. Mais le gouvernement wallon fait tout le contraire, en augmentant drastiquement le prix des abonnements TEC ! C’est encore une fois les classes populaires qui doivent se serrer la ceinture, alors que les pétroliers engrangent des milliards de profits supplémentaires, avec la complicité passive des gouvernements !

Face aux crises sociales et écologiques, l’urgence est absolue. Les solutions néolibérales basées sur le marché ont démontré toute leur inefficacité pour répondre au changement climatique. Nous devons en prendre acte et mettre en place le plus rapidement possible des mesures qui se basent sur le secteur public, pour mettre un coup d’arrêt aux logiques de privatisation et pour s’extraire des impératifs de rentabilité. Il faut re-végétaliser les quartiers bétonnés, mettre en place un droit de retrait climatique pour les travailleur·ses, instaurer des pauses régulières lors de canicules, rénover les bâtiments (sans hausse de loyer pour les locataires), interdire la location des passoires thermiques, s’assurer que chaque quartier dispose de lieu où il est possible de se rafraîchir, refinancer la santé et les pompiers,… Ce plan d’urgence doit donc être élaboré démocratiquement et être en lien avec les conditions réelles d’existence, et donc discuté au niveau des lieux de vie et de travail, et donc en collaboration avec les syndicats. Pour financer ces mesures, il faut faire porter aux grandes fortunes leur responsabilité historique et leur reprendre ce qu’elles nous ont volé : nous soutenons la mise en place d’un véritable impôt sur le patrimoine des 10% les plus riches permettant de récolter 120 milliards d’euros !

Les responsables de la crise écologique sont connus : les grandes entreprises de l’industrie fossile, de la finance, de l’agrobusiness, de la big tech, ainsi que les gouvernements complices. On ne peut donc avoir aucune confiance en la classe dirigeante pour interrompre le changement climatique et les destructions environnementales. Il s’agit au contraire de les mettre hors d’état de nuire et reprenant en main collectivement ces différents secteurs économiques, et en décidant ensemble, travailleur·ses et usager·es, ce qu’il convient d’en faire : réorienter, reconvertir, et quand c’est nécessaire démanteler.

On ne pourra pas convaincre les gouvernements et les entreprises d’aller contre leurs propres intérêts. On va devoir lutter pour les battre. Les victoires ne pourront être arrachées que par l’action collective, l’organisation et le rapport de force. Nous avons besoin que le mouvement climat aille plus loin qu’une marche annuelle, mais s’organise tout au long de l’année et se structure démocratiquement sur le long terme, en construisant la convergence avec les mouvements anti-Arizona, féministes, internationalistes, antiracistes, antifascistes et avec les syndicats : dans la lutte contre l’écocide capitaliste, le lieu de travail joue un rôle clé. Dans ce sens, l’appel à la grève le 12 octobre des services publics, et notamment du rail, est un pas dans la bonne direction, en faisant le lien entre la marche climat et les mobilisations pour leur refinancement. De la même manière, il faut soutenir les mobilisations dans l’enseignement et les blocages organisés par les élèves qui se lèvent contre la destruction de leur avenir !

Il est encore possible d’interrompre la catastrophe et d’assurer une vie bonne pour l’humanité. Une vie où on travaille moins, où on produit moins et où on partage plus. Une vie où on prend soin des autres et de la nature. Pour gagner ce monde, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes !

  • Non à la répression et à la loi Quintin qui veut permettre au gouvernement de dissoudre des organisations supposées radicales
  • Abandon des charges contre les activistes de Code Rouge
  • Mise en place d’un véritable impôt sur la fortune capable de rapporter en une fois 120 milliards d’euros
  • Plan d’urgence anti-canicule : végétalisation des quartiers bétonnés, droit de retrait et pauses régulières pour les travailleur·ses, interdiction de louer des passoires thermiques, rénovation publique du bâti, accès gratuit à des lieux frais pour tout le monde, refinancement de la santé et des pompiers,…
  • Pour un service public des transports en commun gratuits et de qualité par la socialisation du secteur
  • Sortie des énergies fossiles et nucléaire : socialisation du secteur de l’énergie et de la finance
  • Produire moins, travailler moins, partager plus : réduction collective du temps de travail avec maintien des salaires et embauches compensatoires
  • Reconversion et démantèlement des secteurs inutiles et nuisibles : luxe, publicité, intelligence artificielle, fossile,…
  • Sortie des PFAS et mise en place d’un plan public de dépollution entièrement financé par les industries responsables
  • Sortie de l’agrobusiness et transition vers l’agroécologie paysanne