Pour la deuxième fois en 24 heures, le président du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) Benoît Dispa, ainsi que la majorité MR-Engagés, n’ont pas respecté le règlement de cette institution, marquant une nouvelle violation de l’État de droit par le pouvoir en place, tout ça pour imposer un passage en force du décret-programme unanimement impopulaire. La Gauche anticapitaliste dénonce avec force ces manœuvres malhonnêtes et illégales de la majorité Azur.
Il est clair que si la ministre agit comme une forcenée, c’est bien parce que la mobilisation massive des professeur·es et des élèves met le pouvoir en place sous forte pression ! Ce mouvement ne cesse de grandir et de s’amplifier, avec de plus en plus de grévistes et d’élèves impliqué·es, et avec un fort soutien populaire, notamment avec des collectifs comme Parents Attacks. Une chose est claire au travers de ces actions : c’est contre un modèle de société mortifère que lutte le secteur de l’enseignement.
Si on veut faire plier la ministre et le gouvernement, il faut continuer à amplifier le mouvement et étendre la lutte à d’autres secteurs. Dans ce sens, nous soutenons les appels à la grève générale de la CGSP Enseignement de Liège et des metallos de la FGTB, le rassemblement de la CNE non-marchand de ce 4 juin et nous nous réjouissons que le mouvement s’étende à l’enseignement flamand, qui se mobilise contre les réformes de la ministre N-VA Zuhal Demir. Nous appelons à organiser des arrêts de travail et des assemblées générales dans tous les secteurs pour discuter de comment entrer en lutte et soutenir les enseignant·es et les élèves. Soyons aussi nombreux·ses que possible au rassemblement devant le parlement de la FWB ce jeudi 4 juin pour continuer à faire monter la pression ! Nous ne partons pas de zéro : depuis des mois, les résistances face à l’Arizona tiennent bon. Il est temps d’attiser les braises de colère qui couvent dans la population et de les faire converger à un niveau national !
Avec ce nouveau coup de force, ce gouvernement illustre tout son mépris de la démocratie et montre que, pour lui, ne pas respecter l’État de droit n’est pas une ligne rouge. Nous dénonçons la montée de l’autoritarisme et de la répression qui caractérise nos gouvernements de droite radicalisés, que celle-ci s’exprime par les juges ou par les matraques. Si l’Azur sent qu’il a un rapport de force suffisant pour piétiner l’État de droit de la sorte, c’est parce qu’il y a eu de nombreux précédents ces dernières années, comme par exemple les milliers de condamnations de l’État belge pour non-respect du droit de l’accueil pour les demandeur·ses d’asile, ou alors la mise en place d’une politique migratoire recalée par le conseil d’État par la ministre N-VA Anneleen Van Bossuyt. L’autoritarisme se fraie toujours un chemin depuis les marges de la société, et il est dans l’intérêt de tous·tes de défendre ces dernières ! Il faut maintenant une réponse à la hauteur de la gravité des attaques du mouvement social et en particulier des organisations syndicales. Nous sommes tous et toutes menacé·es lorsqu’on attaque la démocratie et qu’on réprime la contestation sociale !
Nous exigeons la démission de Benoît Dispa en tant que président du parlement de la FWB pour son non-respect de l’État de droit, le retrait complet de toutes les réformes qui touchent l’enseignement, ainsi que la démission de la ministre Glatigny. Plus généralement, si nous voulons mettre fin au démantèlement méthodique de l’enseignement et de nos droits sociaux et démocratiques, il faut se mobiliser pour faire chuter les gouvernements Azur et Arizona, tout comme le monde qu’ils défendent. Nous exigeons également un refinancement massif de la FWB à la hauteur des besoins réels des secteurs qui en dépendent. Une autre société est possible, solidaire, démocratique et écologique, et c’est bien par nos luttes que nous pourrons l’arracher.
La Gauche anticapitaliste, le 3 juin 2026

