Dans la soirée du 1er octobre, alors que les bateaux de la Global Sumud Flotilla (GSF) n’étaient plus qu’à quelques dizaines de kilomètres des côtes de Gaza, l’armée israélienne a procédé à leur interception, dans l’illégalité la plus totale. Progressivement, pendant la nuit et la matinée, les bateaux ont été stoppés par un blocus militaire maritime, attaqués avec des canons à eau, et les activistes arrêté·es par des soldats en armes. Nous saluons le courage des activistes qui ont persévéré jusqu’au bout pour accomplir leur mission. Cette nouvelle violation des droits humains intervient dans le contexte des discussions autour de l’accord-ultimatum présenté par Trump, nouveau coup de poignard au droit à l’autodétermination du peuple palestinien et dans la continuation impérialiste du soutien indéfectible à l’État d’Israël.
Au-delà du spectacle pathétique de Maxime Prévot, ministre des affaires étrangères, répandant ses larmes de crocodiles dans la presse pendant tout l’été, rien n’est fait pour que l’Arizona cesse d’être complice de l’État d’Israël. Toujours pas d’embargo militaire, toujours aucun boycott économique, toujours aucune prise de position ferme sur la scène internationale pour marginaliser Netanyahu et son gouvernement. La semaine passée, les zigzags de Bart De Wever à l’estrade de l’ONU lors du sommet sur la reconnaissance de l’État de Palestine en étaient encore un exemple marquant. En plus de ça, sur le sol belge, de plus en plus de réfugiés palestiniens sont violemment arrêtés par la police et détenus de manière arbitraire en représaille à leur militantisme contre le génocide.
Face à la complicité des gouvernements et suivant l’exemple de la Flottille de la Liberté qui avait pris le chemin de Gaza en juin dernier avant d’être interceptée illégalement par l’armée israélienne dans les eaux internationales, la GSF a décidé d’emprunter le même chemin pour briser le blocus humanitaire auquel sont soumis les gazaouis. La flottille, composée de dizaines de bateaux et d’activistes venus de partout dans le monde, a été attaquée à plusieurs reprises par des drones israéliens pendant le trajet vers Gaza. Depuis le départ de l’équipage belge du port de Barcelone, Maxime Prévot n’a pas exercé la moindre pression sur la diplomatie israélienne pour protéger les activistes et leur a fait porter la responsabilité des attaques israéliennes. Sanchez et Meloni ont retiré leurs bateaux et tenté de décourager les activistes. Le sommet européen d’hier s’est également tu dans toutes les langues sur le sujet : “no comment” était le mot d’ordre des dirigeants de l’Union européenne. Une fois de plus, malgré ses beaux discours sur le respect du droit international, le gouvernement belge et l’UE portent une lourde responsabilité dans l’interception illégale des activistes de la GSF.
Dans l’immédiat, nous devons mettre un maximum de pression sur nos gouvernements et montrer notre solidarité avec les activistes et avec le peuple palestinien, c’est pourquoi nous appelons à prolonger la dynamique de mobilisation en route depuis hier soir et à rejoindre tous les rassemblements qui ont lieu aux quatre coins du pays, dans les villes, sur les campus et sur les lieux de travail. Dans ce sens, nous saluons les nombreux messages de soutien à la GSF provenant des organisations syndicales ces derniers jours et nous pensons qu’il est temps d’aller un cran plus loin et de prendre exemple sur le mouvement ouvrier italien qui a organisé une grève historique pour Gaza la semaine passée, et qui se mobilise de nouveau aujourd’hui. La colère de la population est grande et elle doit pouvoir s’exprimer d’une manière qui peut construire le rapport de force. L’arme principale du mouvement ouvrier, c’est la grève. Nous saluons à ce titre les travailleur·euses de l’école Roger Lallemand à Saint-Gilles en grève ce jeudi contre l’interception de la Flottille et contre les crimes de masse du régime israélien.
Finalement, on ne peut pas déconnecter le génocide à Gaza du climat politique international réactionnaire. Dans ce contexte, la lutte contre l’Arizona s’inscrit aussi entièrement dans le combat pour la libération de la Palestine et la solidarité avec les activistes de la GSF. La manifestation du 14 octobre prochain à l’appel du front commun syndical doit être une réussite historique et servir de tremplin vers un plan d’actions et de grèves qui s’appuie sur le monde du travail et qui articule les revendications des différents mouvements sociaux et combats en cours, dont la solidarité avec la Palestine, et avec comme objectif clair la chute du gouvernement.
Israël terroriste, Arizona complice !
La Gauche anticapitaliste, 2 octobre 2025
