Stupeur chez de nombreux·ses travailleur·euses et militant·es syndicalistes FGTB dans la régionale d’Herstal de la FGTB Métal Liège. Le 17 juin 2024, le couperet est tombé. Le comité provincial FGTB Métal, réuni à Liège, actait l’exclusion de la Fédération des Métallos FGTB de Gianni Angelucci, président de la  délégation FGTB de la FN  (Fabrique nationale d’armes) à Herstal et  de Basilio Rotolo, délégué syndical chez Mecaspring, président de la régionale FGTB Métal de Herstal.

Comment comprendre cette situation, et quels enjeux politiques se cachent derrière ? Ci-dessous la contribution de plusieurs militants de la Gauche anticapitaliste pour éclaircir cette affaire et répondre à ces questions.

Chronique d’un règlement de comptes programmé

Le 11 mars 2024, Gianni Angelucci et Basilio Rotolo se sont vu retirer leur mandat d’animateurs de la Formation organisée par la centrale des Métallurgistes FGTB Wallonie-Bruxelles.

Cette décision fut prise par Thierry Grignard, président de la fédération de Liège- Luxembourg de la FGTB Métal, et avalisée par le secrétariat de celle-ci  (composé de Stéphane Breda, Patrick Moens, Jean-Luc Lallemand et Joackim Schneider). Deux autres formateurs de la régionale  Métal de Herstal,  pensionnés, étaient exclus également, notamment Etienne Francotte,  ex-délégué de Polypal,  formateur depuis 1985.

Aucune  explication n’a été fournie pour justifier ces exclusions.

Du 12 au 14 juin 2024, l’équipe des formateur·ices MWB se réunissait à Pont-à-Lesse pour tirer le bilan du premier semestre de la formation. C’est là que  les participant·es , s’étonnant de  l’absence  des quatre formateurs de la régionale d’Herstal, allaient apprendre que leurs camarades étaient exclus de la formation.

Présent à cette réunion,  Hillal Sor, secrétaire général des Métallos  FGTB Wallonie –Bruxelles et responsable de la formation, ne fournit, lui non plus, aucune explication aux exclusions: « Je ne suis pas au courant, c’est l’autonomie des fédérations ». Le prétexte est bien commode!

Abasourdis par cette brutalité bureaucratique, cinq formateur·ices donnèrent leur démission sur-le-champ, en solidarité avec leurs camarades. D’autres se posent des questions, la secousse pourrait ne pas avoir fini de faire des dégâts…

Une semaine auparavant, le 6 juin, le comité exécutif de la Fédération provinciale Liège-Luxembourg de la MWB (Métallurgistes Wallonie-Bruxelles), dont le siège est Place St Paul à Liège, avait voté à l’unanimité l’exclusion  de la FGTB Métal des deux délégués : Gianni Angelucci et Basilio Rotolo. La motion adoptée tord complètement les statuts de l’organisation pour étendre cette exclusion aux autres centrales de la FGTB!

L’avant-veille, Nico Cue, pensionné,  ex-président de la délégation FGTB de la FN (Fabrique Nationale) à Herstal, ex-secrétaire général des Métallos FGTB Wallonie-Bruxelles,  adressait une lettre à Thierry Grignard, président la Fédération FGTB Métal Liège-Luxembourg. On y lisait ceci:

«  Ce qui se passe avec la régionale d’Herstal est absolument stupéfiant. Ceux qui pensent  que la pression, l’intimidation, l’autoritarisme sont des solutions dans notre maison syndicale se trompent. Tôt ou tard, des femmes et des hommes raisonnables reprendront le dessus, car c’est notre force. Soyez de ceux-là et notre fédération se tournera vers les vrais problèmes qui touchent nos travailleurs et travailleuses et aussi notre société. Précarité, climat, industrie, Europe, Wallonie, extrême droite et paix sont des enjeux terribles. Cessez les petites vengeances personnelles, elles ne servent à rien. Débattez, fâchez-vous, disputez-vous et écoutez-vous. En ce qui me concerne je suis avec ma Fédération et aux côtés des camarades de la FN et de Herstal. Que cela nous serve à reprendre correctement le dialogue entre nous ».

La suite montre que cet appel n’a eu aucun écho auprès des instances syndicales.

Le 17 juin, après avoir fait comparaître les deux délégués, le comité provincial  de la FGTB Métal Liège, réuni Place St Paul, confirmait leur exclusion, par un vote à bulletin secret : 72,2% pour, 18,9% contre et 8,9% d’abstention.

Sous les fenêtres de la Maison syndicale, plusieurs centaines de travailleurs de la FN et de Mecaspring  étaient venus demander la réintégration de leurs délégués dans la FGTB et dans leurs mandats syndicaux.

Visibles sur la page Facebook de la délégation FGTB de la FN, des vidéos tournées sur place montrent plusieurs travailleurs·euses disant en substance ceci:  

« On a voté au sein des entreprises. Il y a des mandats qui ont été distribués lors des récentes élections sociales. Nos deux délégués ont été massivement réélus dans leur fonction.  Et, aujourd’hui, on apprend que les instances FGTB Métal, non seulement  remettent cela en cause, mais les démettent  de leurs mandats syndicaux  et de plus les excluent de la FGTB Métal ».

Le 18 juin, chaque affilié·e  de la FGTB Métal, à la FN et à Mecaspring, reçoit une lettre signée par Th. Grignard, président de la fédération liégeoise de la MWB. Voici ce qu’on y lit:

« Les représentants de l’immense majorité des affiliés de de la FGTB Métal, soit en tout 19 000 travailleurs, ont pris cette décision, sans doute à contre-cœur, mais en tenant compte aussi du fait que sinon, c’est toute la FGTB Métal qui était menacée dans ses fondements.  Et surtout,  elle  allait être  lourdement handicapée dans ce qui est sa seule mission : défendre vos intérêts de travailleurs devant les gouvernements et les patrons (…). Une nouvelle fois, cela est déplorable, surtout pour vous qui travaillez à la FN qui a toujours été un fer de lance et nous attendons qu’elle le reste ».

Cette lettre suscite la réaction suivante de Nico Cue : «  C’est plus grave encore,  quand  Th. Grignard reconnait la combativité de la FN et exclut ceux qui sont les moteurs de cette combativité » ! De fait, Gianni Angelucci est délégué syndical depuis 24 ans et formateur MWB depuis 17 ans. Son camarade Basilio Rotondo est délégué depuis 22 ans. Tous deux ont remporté une éclatante victoire aux récentes élections sociales. Tous deux sont depuis plus de vingt ans aux premières lignes du syndicalisme, de l’antifascisme et de la solidarité avec les luttes ouvrières. De quel droit de tels camarades, qui ont la confiance de leurs affilié.e.s, sont-ils exclus ainsi, sans raison, d’un trait de plume?

 « L’exclusion a été prononcée  conformément aux règles statutaires », répond Th. Grignard dans sa lettre. « Notre volonté est maintenant d’avancer : les chiens aboient, la caravane passe. Cette caravane, c’est la vôtre, celle de vos intérêts. Nous nous sommes donc organisés pour que vous ne souffriez en rien de ce regrettable conflit de personnes ».

«  Vous avez exclu Gianni et Basilio, riposte Nico Cue, mais ils ont toujours une délégation syndicale et des travailleurs  qui hurlent à l’injustice. Les traiter de chiens, je suis horrifié. Jamais, je  n’ai vu un tel  mépris pour la classe ouvrière. Quelle honte pour notre organisation ».  

Mais quels sont donc les mobiles des exclusions ?

Les exclus de la formation FGTB Métal répètent n’avoir reçu aucune explication officielle un tant soit peu  fondée. Selon certains, la vindicte de Th. Grignard remonterait au congrès où il a dû, pour être élu, affronter la candidature d’un métallo herstalien… Comme beaucoup de bureaucrates, Grignard, assimilant pluralisme et « fractionnalisme », aurait sans doute préféré être élu à l’unanimité?

Quant aux formateurs, Etienne Francotte, interviewé, confirme qu’à la réunion  bilan de la formation en juin dernier, Hillal Sor, secrétaire  général  des métallos  FGTB Wallonie-Bruxelles – et responsable à ce titre de la formation – s’est réfugié derrière l’autonomie des fédérations pour ne donner aucune raison aux exclusions.

La lettre de Th. Grignard aux  travailleurs de la FN et Mecaspring, prétend « expliquer le pourquoi d’une décision forte » (sic). En réalité, on n’y trouve que des accusations  dénigrantes et non étayées à propos des deux délégués exclus : «  ambitions de carrière syndicale de deux délégués » ; « ils ont cessé de transmettre  des documents importants » ; « ils ont boycotté les personnes expérimentées qui avaient été chargées de défendre désormais vos intérêts » ; « ils ont multiplié les insultes et même les menaces physiques » ; « ils ont multiplié  les accusations et la violation des statuts et des règles démocratiques » ; « ils ont même cherché à vous affilier à d’autres structures syndicales FGTB, tentant ainsi de mettre en péril toute la structure de la FGTB ».

Ecoeuré·es et révolté·es, les travailleur·euses, réuni·es en assemblées générales, ont été unanimes à considérer cette lettre comme un « torchon ».

Le 17 juin, à la sortie de la réunion du comité provincial FGTB Métal, où il plaidait sa cause avec son camarade Basilio Rotolo, Gianni Angelucci a dit ceci aux centaines de travailleur·euses rassemblé·es sur la place St Paul:

«  On nous a reproché  d’avoir organisé un arrêt de travail le 8 mars, journée de lutte des femmes, sans demander l’autorisation de la place Saint Paul. Pour nous, c’était tellement évident. D’autant plus que c’était l’occasion de commémorer la grève historique des « femmes-machines » de la FN en 1966. De plus, ces actions syndicales du 8 mars, en solidarité avec  la lutte des femmes pour leurs droits, étaient couvertes  par la FGTB nationale ».

Que la délégation de la FN Herstal soit punie pour avoir organisé un arrêt de travail sans « demander l’autorisation » est un comble. Qu’elle soit punie alors que l’arrêt de travail en question marquait la journée de lutte des femmes est le comble du comble, quand on sait le rôle historique de la grève des ouvrières de la FN pour l’égalité salariale, en 1966! Ce n’est pas tout: il se dit même que la place  St Paul  a contesté le paiement des indemnités de grève pour cette action!

L’arrêt de travail du 8 mars coïncidait avec la pose par la direction de l’usine d’une plaque commémorant la grève de 1966. Campagne électorale oblige, plusieurs personnalités politiques s’étaient déplacées. Il se dit que le président de la FGTB Métal Liège n’aurait pas digéré de n’avoir pas été invité… Rappelons  qu’à l’époque  il avait déjà exclu de l’équipe de la formation MWB Gianni Angelucci, Basilio Rotolo  et deux membres pensionnés de cette même régionale! Thierry Grignard estime-t-il que la délégation de la FN aurait dû lui dérouler le tapis rouge alors qu’il venait de lui planter un poignard dans le dos?

Bureaucratie, pouvoir et machisme

« Alerte, exclusions, la purge a commencé », peut-on lire sur la page Facebook de la délégation FGTB Herstal !

Nul doute que les prochaines semaines, après les congés, permettront de faire encore plus complètement la lumière sur tous les aspects du conflit entre les syndicalistes de Herstal et l’appareil de la MWB place St Paul à Liège.

Crise de la sidérurgie et de la métallurgie oblige, la MWB est une centrale en recul. Basilio Rotolo était à la fois délégué de Mecaspring et président de la régionale MWB de Herstal (qui disposait d’un local propre). On apprend que la gestion de cette régionale sera dorénavant gérée directement à partir du secrétariat FGTB Metal, Place Saint-Paul. En même temps, Grignard et ses lieutenants se vantent de n’avoir pas besoin des cotisation des 550 affiliés de la FN. Comme s’il s’agissait de rentabilité financière!

Il faut certes rationaliser l’usage des moyens. Mais on constate que cette rationalisation ne touche pas le train de vie de certains hauts responsables. Pour la bureaucratie, concentration des moyens rime toujours avec concentration du pouvoir.

« Nous voulons un syndicalisme de combat et démocratique », souligne Basilio Rotolo.

Au-delà des conflits de personnes, c’est bien le fond de l’affaire. Le syndicat appartient aux travailleurs et travailleuses qui y sont affilié.e.s. Lors des élections sociales récentes, les membres FGTB de la FN et de Mecaspring ont renouvelé massivement leur soutien à Gianni Angelucci et Basilio Rotolo. Or, non seulement l’appareil retire des mandats donnés démocratiquement par les travailleurs·euses, mais en plus il exclut les intéressés de la MWB, et prétend même les exclure de la FGTB! Rien ne peut justifier une telle brutalité. Le retrait des mandats, l’exclusion et la purge des formateur·ices constituent des actes de dictature bureaucratique inacceptables, sans précédent depuis des décennies.

Le fait que l’arrêt de travail observé à la FN lors de la journée des femmes le 8 mars soit invoqué comme raison de cette répression bureaucratique donne à l’affaire une dimension supplémentaire, proprement politique. En agissant de la sorte, Thierry Grignard et ceux qui le soutiennent montrent qu’ils ne se contentent pas de piétiner la démocratie syndicale à la FN: ils piétinent l’histoire sociale et insultent la lutte des femmes pour leur émancipation. D’autres délégué.e.s, dans d’autres entreprises du Métal liégeois, ont d’ailleurs fait l’expérience du manque d’enthousiasme (sic) de la Place St Paul face au 8 mars… La répression bureaucratique se double d’une affirmation machiste décomplexée. C’est scandaleux et banalement réactionnaire.

Le dessous politique des cartes

Pourquoi cette hargne? Pourquoi cette brutalité, qui ne peut qu’affaiblir le syndicalisme dans son ensemble, et la FGTB en particulier? Et pourquoi le silence quasi assourdissant autour de l’affaire, dans les rangs syndicaux?

La réponse réside en partie dans l’arrière-plan politique. Il est paradoxal. En effet, à première vue, Th. Grignard et les exclus appartiennent au sein de la FGTB au même courant politique « régionaliste », adepte de la pression sur les « amis politiques » du PS: Grignard est lié au PS liégeois, la délégation FGTB de la FN a appuyé les candidat.e.s PS aux élections du 9 juin dernier…

Pourtant, il y a beaucoup plus que des nuances entre eux. Ce n’est pas par hasard que l’appareil pro-PS s’attaque à la fois aux délégués de Herstal et aux formateurs de la MWB. Les victimes de la purge sont des camarades de combat de Nico Cue. Or, l’ex-délégué principal FGTB de la FN, puis ex-secrétaire général de la MWB, incarnait une ligne syndicale nettement plus combative, démocratique et ouverte sur les autres mouvements sociaux. Dans cette ligne, la formation des délégués avait une autre place. Un camarade de Nico Cue, Claude Claerhout, en était le responsable pour la Wallonie et Bruxelles. Le système mis en place à son époque constituait une expérience remarquable de formation critique d’inspiration marxiste. Une formation au service d’une action syndicale axée sur l’auto-émancipation des travailleurs et des travailleuses dans une perspective anticapitaliste.

Chacun connaît le principe de Marx: « L’émancipation des travailleurs (et des travailleuses!) sera l’oeuvre des travailleurs (et des travailleuses!) eux-mêmes (et elles-mêmes!). C’est ce principe  fondateur qui est dans le collimateur de Th. Grignard. Il est dans le collimateur de la social-démocratie, bien sûr, mais aussi, plus largement, de toutes les bureaucraties, et par conséquent de tous les courants politiques autoritaires qui dénoncent le « fractionnalisme ».

Ce point commun explique probablement un autre paradoxe: la complicité de fait des « unitaristes » avec les « régionalistes » au sein de l’appareil MWB. Le secrétaire-général de la MWB, Hillal Sor, est un « unitariste » affiché. Alors qu’il est responsable ultime de la formation, il n’a pas levé le petit doigt contre la purge orchestrée par Grignard. Manque de courage? Respect de « l’autonomie des fédérations »? Il y a une autre explication possible à ce comportement digne de Ponce Pilate: les « amis politiques » d’Hillal Sor ne sont pas au PS mais au PTB, parti « unitariste » par excellence. Qu’un bureaucrate « régionaliste » comme Grignard liquide des délégués « régionalistes » combatifs ne sert pas seulement le PS. Cela sert aussi, objectivement, la lutte du PTB pour la conquête du syndicat par la conquête de l’appareil et des services de formation. Tant pis pour le syndicalisme de combat, tant pis pour la démocratie syndicale?

Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB, a déclaré publiquement et à plusieurs reprises qu’une Wallonie « trop à gauche » mettrait en danger « l’unité du pays ». « Nous sommes un » est un slogan contre la diversité… La purge de ceux de Herstal ne serait-elle qu’un « dégât collatéral » de la stratégie qui remplace la gauche syndicale par l’infiltration des appareils, et confond l’unité de la classe ouvrière et l’unité de l’Etat bourgeois? Est-ce au nom de cette stratégie que les syndicalistes PTB membres des instances de la MWB Liège ont avalisé les exclusions? Qu’obtiendraient-ils en retour?

Solidarité contre les exclusions!

Un transfert des affiliés de la FN et de Mecaspring vers une autre centrale serait théoriquement possible. Il se heurte à la volonté farouche de Th. Grignard de voir les deux délégués syndicaux exclus non seulement de la MWB,  mais aussi de la FGTB toute entière. Il se heurte aussi aux ambitions, aux compromis et aux jeux de pouvoir bureaucratiques entre centrales professionnelles.

Gianni et Basilio ont obtenu une entrevue avec Jean-François Tamellini , secrétaire général de la FGTB Wallonne et Thierry Bodson, président de la FGTB nationale. La démarche n’a rien donné. « Déception totale en ce qui concerne la FGTB nationale qui a verrouillé une solution intelligente en interne », précise Nico Cue sur sa page Facebook.

Des motions de solidarité avec les délégués exclus ? Beaucoup trop peu jusqu’à présent ! C’est le signe d’une inquiétante perte de vitalité et de conscience de classe au sein du mouvement syndical: il y a vingt ou trente ans, des protestations seraient montées de toutes parts. C’est aussi, très certainement, le résultat du « dessous politique des cartes » que nous venons d’évoquer. Il y a beaucoup de Ponce Pilate, petits et grands, dans les deux camps politiques qui s’affrontent au sein de l’appareil de la FGTB…

Soulignons  la remarquable motion de solidarité adressée aux exclus par la Centrale GAZELCO, et signée par son secrétaire et président fédéral, ainsi que les vice-présidents :

« Nous, Gazelco  proclamons  notre indignation et notre révolte face aux guerres internes qui animent et gangrènent l’organisation  à laquelle nous appartenons toutes et tous, et pour qui nous véhiculons des valeurs de solidarité et d’unité. C’est à l’heure  d’un contexte économique général tendu, où les mouvements de droite, d’ultra droite , de droite extrême et d’extrême droite avancent sans cesse, où les travailleurs sont confrontés à une agressivité sans pareil du banc patronal, de la justice et des politiques ; que certains exécutifs de la FGTB tentent, par des méthodes les plus répressives et déshumanisantes de museler la liberté d’expression, de condamner le droit au rassemblement et à la manifestation ainsi que celui de faire grève. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette purge inacceptable et ces pratiques indignes. Nous exigeons le rétablissement des deux camarades délégués syndicaux (soutenus par leur base) dans leur situation syndicale au sein de la FN Herstal et Mecaspring  et l’arrêt immédiat des procédures diligentées par la MWB Liège/Huy/Waremme à leur encontre ». 

Comment ne pas terminer par cette dernière prise de parole de Gianni Angelucci  devant l’assemble des travailleurs de la FN :

« Je suis fier d’avoir pu défendre vos intérêts durant de nombreuses années (…). Certains ont imaginé que couper une tête allait suffire…11 autres viennent de ressortir. Vous venez de démontrer aux métallos de Liège (Grignard , Breda et leurs sbires), ainsi qu’à la MWB  (Hillal SOR) que vous étiez plus que des cotisations sur lesquelles ils pouvaient s’asseoir (…). N’en déplaise à certains en interne et en externe : la délégation syndicale ne démissionnera pas et continuera à vous défendre (…). A la FN et à Browning : se taire et se résigner…Jamais ! »

La lutte n’est pas terminée. Elle rebondira après les congés. Par cet article, les auteurs espèrent avoir contribué à l’information indispensable à une solidarité nécessaire.

Denis Horman, Daniel Tanuro et Freddy Mathieu, le 9/7/2024


Crédit photo : capture d’écran d’un reportage de RTC lors de la manifestation de travailleur·euses en solidarité avec les deux délégués expulsés, le 17 juin à Liège

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