Nous étions mobilisé·es ce lundi 12 octobre, pour une grève des services publics qui s’inscrivait dans la longue lutte contre l’Arizona et les grouvernements de droite. A cette occasion, nous avons interrogé deux travailleuses (dans la santé et dans l’enseignement), pour connaitre leurs revendications et perspectives.
MV: Salut, est-ce que tu pourrais te présenter et nous dire pourquoi tu es ici et pourquoi tu es mobilisée avec les profs ?
Laura : Je suis Laura, institutrice primaire dans une école à Anderlecht. Pour nous, en tant qu’enseignant, c’était important de se mobiliser au vu de toutes les attaques qui se passent à l’heure actuelle. Les réformes de Glatigny qui touchent à énormément d’aspects au niveau de l’enseignement tels que les infrastructures qui sont déjà dans un très mauvais état, les heures ajoutées aux professeurs et des repas chauds qui ne seront plus distribués aux élèves les plus précaires. On est aussi en soutien au mouvement des étudiants qui se battent pour leur avenir. Le prix du minerval a augmenté ce qui fait qu’un tas d’étudiants plus précaires n’auront plus accès aux études. À côté de cela, on sait le climat de génocide qu’il y a, le climat de précarité donc pour nous c’était important d’être là en solidarité avec le secteur de la santé qui subit aussi les effets de cette austérité qui détruit nos droits fondamentaux : la santé, les services publics en général
MV: Et quelles sont vos perspectives pour la suite au-delà de cette journée de grève et de mobilisation ?
Laura : Nous ne sommes pas satisfaits du plan actuel c’est-à-dire d’organiser une grève au compte de goutte. Pour nous, on a vraiment besoin d’un véritable plan de grève et donc on aimerait faire des blocages plus intensifs de plusieurs journées de certaines écoles et on demande aux syndicats d’organiser un véritable plan de grève au moins de cinq jours notamment autour de la du 25 novembre qui est la journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Toute cette austérité va impacter évidemment plus durement les femmes et les personnes les plus vulnérables.
MV: Salut, est-ce que tu peux commencer par te présenter ?
Elya : Oui, je m’appelle Elya Almeleh, je suis sage-femme. Actuellement, je ne travaille pas dans les services de la maternité mais je travaille CPVS au Centre de prévention des violences sexuelles mais avant, je travaillais dans les services de la maternité.
Aujourd’hui, on est au piquet de grève pour défendre la santé publique et de manière plus générale, les services publics.
MV : Les services publics qui sont particulièrement attaqués par les gouvernements c’est ça ?
Elya : oui, on le sent depuis longtemps mais ces dernières années on l’a senti à plusieurs niveaux : au niveau des effectifs des travailleur.euses, au niveau des réformes pour les patients qu’on soigne. On a beaucoup de patients qui sont issus de l’immigration ou des personnes sans papiers. En fait, nous les mesures on les voit au quotidien donc c’est très dur. Nous, on n’est pas du tout assez nombreux pour prendre en charge tout le côté social et on n’a plus les outils parce qu’ils commencent à disparaître, on ne peut plus rien proposer.
MV: Comment vous inscrivez la lutte aujourd’hui dans le mouvement général contre l’Arizona et contre les gouvernements de droite ?
Elya : La santé c’est primordial pour le bien être de toute la population. Pour la droite, la santé ne serait réservée qu’aux riches et à ceux qui ont les moyens de se soigner. Nous, on veut ré-insister sur le fait que nous sommes face à des enjeux de santé publique qui concernent tout le monde. Ce n’est pas en soignant qu’une partie de la population que ça ira mieux. Il y a d’autres mesures, notamment toutes les mesures contre l’immigration, qui se font sentir au quotidien. Les jeunes se mobilisent aussi, tout est lié. S’il y a une maille de la chaîne qui se casse, tout va se casser donc c’est logique qu’on soutient et rejoint toutes les mobilisations contre l’Arizona.
MV: Et quelles sont vos perspectives après cette journée de grève ?
Elya : Pour nous c’est compliqué de se mettre en grève. La mobilisation, dans les esprits du secteur de la santé, n’est pas si facile à convaincre parce que les travailleur.euses pensent à leurs patient.es avant tout. Donc l’objectif c’est de rejoindre les mouvements de lutte qui ont plus la possibilité de le faire et de les soutenir. Nous, on s’organise aussi avec le bloc obstétrique. On a un collectif des sage-femmes de Saint-Pierre et là on essaie de voir ce qu’on peut faire si on ne peut pas faire grève. On est assez coincé pour mettre la pression. Donc se rallier à d’autres luttes c’est le plus important pour l’instant.
Photo : banderole lors de la grève du 12 octobre 2026. Crédit : Gauche anticapitaliste / CC BY-NC-SA 4.0

