Ce mercredi 17 septembre, les Jeunes anticapitalistes (JAC) ont rejoint le rassemblement contre la réforme du décret paysage devant le siège du gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles. Avec des centaines d’autres jeunes, nous avons crié notre colère et réclamé le refinancement des étudiant·es et le retrait de la réforme.

Cette réforme, qui impose un durcissement des règles de finançabilité des étudiant·es, va à l’encontre d’un système d’éducation démocratique et ouvert à toustes, et menace d’exclure des milliers de jeunes de l’enseignement supérieur. Elle fait partie d’une offensive plus large contre l’éducation publique et la jeunesse, qui s’exprime notamment par une baisse de financements… Et les premières victimes de cette austérité, ce sont les jeunes qui n’ont pas accès aux ressources sociales, culturelles et financières pour la compenser. 

Nos gouvernements ne se contentent pas de rendre la réussite plus difficile en sabotant l’éducation publique, mais choisissent également avec la réforme du décret paysage de punir les échecs en privant les étudiant.e.s en difficultés de leur droit à un soutien financier pendant cinq ans : les jeunes sont pris entre le mur et le gouffre. Le poids financier du système est désormais porté par les étudiant.e.s et leurs familles, ce qui accentue la reproduction des inégalités. Dans un contexte de montée du racisme, la réforme touche de plein fouet les étudiant.es extra-UE, avec une augmentation de leur minerval, réservant ainsi la possibilité de venir étudier en Belgique seulement aux personnes les plus favorisées et renforcant l’inégalité d’accès par rapport aux étudiant.es européens. 

Cette réforme est le synonyme de l’exclusion des jeunes les plus défavorisé.es d’un système dont iels devraient être les premier.è.s bénéficiaires. Avec ces mesures, les étudiant.e.s en difficulté sont traité.es non comme des jeunes à soutenir dans leurs ambitions, mais comme des criminels à punir et à exclure. Combattre la précarité étudiante devrait se faire en s’attaquant à la précarité, non aux étudiant·es ! 

Ce mercredi, confrontés à une jeunesse qui réclame son accès à l’éducation, les forces de l’ordre ont fait preuve d’une violence démesurée. Propos méprisants, tactiques agressives et arrestations ont toutes été jugées comme adéquates par la police et déployés contre les manifestant·es, en particulier les jeunes racisé.es. La répression qu’a connu le mouvement étudiant ce mercredi s’inscrit dans une logique plus large ancrée dans les politiques du gouvernement Arizona. Rappelons que ce gouvernement est à l’initiative de l’avant-projet de loi Quintin, qui a pour but de réprimer toute forme de contestation sociale en permettant la dissolution des organisations jugées radicales. Tous les mouvements sociaux sont touchés, tous les mouvements sociaux doivent s’unir ! La répression n’est pas une réponse digne à nos revendications !

Pour un système d’éducation démocratique et ouvert qui combat les inégalités au lieu de les creuser, nous exigeons le retrait de la réforme, un refinancement de l’enseignement, et la gratuité effective des études ! Contre les atteintes à nos libertés démocratiques et les attaques aux mouvements sociaux, nous exigeons le retrait de l’avant-projet de loi Quintin ! Seule la construction d’un mouvement large, unitaire, durable, qui va au-delà des revendications immédiates et qui vise la fin de ces gouvernements peut nous y mener. 

Les syndicats, en front commun syndical de l’enseignement, ont déposé un préavis de grève couvrant toutes les actions de l’année scolaire 2025-2026 en soutien au combat des étudiant.es ! Continuons la voie de la solidarité entre nos luttes, car elles sont toutes liées. Rejoignons les prochaines manifestations contre le décret paysage, mais aussi les prochaines mobilisations et grèves le 24 septembre prochain à Namur et le 14 octobre à Bruxelles ! Jeunes, étudiant.es, travailleureuses avec ou sans emploi : faisons chuter les gouvernements Arizona et Azur !


Photo : Manifestation contre la réforme du décret paysage, le 17 septembre 2025 à Bruxelles