Thomas Weyts est militant à Gand. Il a crée, avec d’autres citoyen.ne.s solidaires, le collectif Solidair Gent qui a organisé plusieurs actions de solidarité avec les migrant.e.s à Gand. Ce collectif souhaite maintenant organiser des actions plus ambitieuses et a donc crée l’Asielcoalitie (Coalition Asile) qui regroupe plusieurs dizaines d’organisations. La première grande manifestation de cette coalition se déroulera le 2 février à Gand et promet d’être un succès.

Peux-tu nous parler de Solidair Gent ?

C’est un groupe d’action local que nous avons crée en février 2018 contre le racisme, les expulsions, la politique répressive d’asile et les politiques sécuritaires. Nous sommes une petite organisation mais nous faisons en sorte de rassembler le plus possible. Pour tout ce que nous organisons, nous cherchons la collaboration, le soutien et l’aide d’un maximum de mouvements sociaux, de groupes de solidarité avec les migrant.e.s qui existent dans notre ville.

La 1ère action à laquelle nous avons participé c’était la manifestation nationale contre le racisme le 24 mars 2018. Nous avions organisé, à Gand, une petite action symbolique le 21 mars afin de mobiliser le plus de monde possible pour la manifestation qui se déroulait à Bruxelles. La réponse des autorités gantoises ont été de nous infliger une sanction administrative communale(1)SAC : Le montant de l’amende peut aller jusqu’à 350€..

En juin, après la mort de la petite Mawda (tuée par la police), nous souhaitions organiser une chaîne humaine à Gand. Nous avons profité de la venue de Theo Francken et Jan Jambon dans le cadre de leur campagne avec la N-VA pour perturber leur venue avec cette chaîne humaine. Plusieurs dizaines d’organisations locales se sont jointes à cette action.

Nous avons également organisé des actions contre les centres fermés et l’emprisonnement des enfants. C’était à chaque fois un succès avec entre 300 et 400 personnes (parmi les plus grosses actions de ces dernières années).

Pourquoi avoir crée l’Asielcoalitie ?

Notre volonté était de ne plus courir derrière les faits de ce gouvernement mais d’avoir notre propre agenda. Pas seulement à un niveau local mais également national. En Flandre, il y a des dizaines de mouvements de solidarité avec les sans-papiers. Il y a aussi la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugié.e.s (qui organise notamment les hébergements tous les soirs) et Vluchtelingenwerk(2)Équivalent du Ciré flamand.. Mais ce qu’il maquait, c’était un réel mouvement qui prenne la rue régulièrement et qui essaye de peser au niveau politique en s’associant à tous ces mouvements humanitaires . L’Asielcoalitie tente donc de rassembler le plus d’organisations possible afin de créer un large mouvement de lutte sur le long terme.

Vous avez prévu une 1ère grande manifestation le 2 février. En quoi c’est important de venir à Gand ?

En Flandre, les partis de droite et d’extrême droite appliquent une politique répressive envers les chercheurs/euses d’asile et les migrant.e.s. Il y a beaucoup de soutien pour ces politiques dans la population flamande mais d’un autre côté il y a également beaucoup de mouvements de solidarité envers les migrant.e.s.

Cela fait plusieurs années qu’il n’y a pas eu de manifestation de cette importance en Flandre. Nous souhaitons qu’il y ait un maximum de monde pour cette grande manifestation afin d’organiser et visibiliser les mouvements de solidarité et de soutien envers les migrant.e.s.

Francken et la N-VA ont quitté le gouvernement. Est-ce qu’on peut espérer une meilleure politique migratoire ? Faut-il continuer à lutter ?

Theo Francken appliquait une politique qui allait dans la continuité de celle de Maggie De Block et de ses prédécesseurs/euses. Maggie de Block est donc de retour mais la seule différence entre les deux, c’est que Theo Francken a enchaîné les déclarations et les tweets racistes. Depuis qu’elle est revenue, elle n’a pas donné de signe de rupture avec la politique de Francken. Elle n’a toujours pas supprimé les « unités familiales » où sont emprisoné.e.s des enfants, elle a traîné pour stopper les quotas d’accueil quotidiens par l’office des étrangers, les expulsions et les rafles dans les gares et les lieux publics continuent et son discours ne change pas.

Quand on observe les réactions des autres partis on se rend compte qu’il y a un beaucoup de travail à faire et que la lutte doit continuer. Je pense notamment à Crombez (sp.a) qui trouvait que la politique de Francken n’était pas assez stricte.

Quels seront les objectifs de l’Asielcoalitie et Solidair Gent sur le long terme pour organiser la solidarité avec les migrant.e.s ?

Dans un premier temps nous allons rassembler toutes les organisations qui on rejoint l’appel pour la manifestation du 2 février. Nous n’avons pas encore fixé un objectif précis pour une prochaine mobilisation mais notre volonté est de continuer.

Notre but est vraiment de peser politiquement avec notre propre agenda et nos propres revendications mais ça prendra du temps. Nous continuerons donc à y travailler activement. Et pour cela, nous devons d’abord en discuter démocratiquement avec tout le monde.

Est-ce que vous avez déjà prévu de prochaines mobilisations en Flandre après le 2 février ?

Après le 2 février nous allons une nouvelle fois mobiliser pour la manifestation antiraciste du 24 mars. Avec le travail de l’Asielcoalitie nous sommes confiant.e.s de pouvoir mobiliser encore plus de monde en Flandre grâce à ce travail unitaire.

Pour ce qui concerne les actions que nous organiserons, comme je l’ai dis, nous allons réunir toutes les organisations de l’Asielcoalitie et déciderons de la suite collectivement.

Propos recueillis par Axel Farkas.

Prochains rendez-vous

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