Il faut regarder la réalité en face : le gouvernement Arizona avance comme un rouleau compresseur. Sourd aux protestations qui montent pourtant de toutes parts, il poursuit méthodiquement une offensive globale contre le monde du travail, les services publics et une part toujours plus large de la population.

Cette politique ne se contente pas de s’attaquer aux travailleurs et travailleuses avec et sans-papiers – en remettant en cause leurs statuts et leurs droits. Elle vise aussi directement les usager·es des services publics, en organisant leur contrôle, leur précarisation et leur harcèlement. Les premières victimes sont connues : femmes, personnes sans emploi, chômeur·euses de longue durée, racisé.es et migrant·es avec ou sans papiers, étudiant·es, malades, personnes âgées, usager·es des CPAS… En bref, toutes celles et ceux que le pouvoir considère comme fragiles, invisibilisé·es, et donc plus faciles à stigmatiser.

Mais face à cela, une résistance bien réelle s’organise. Dans de nombreux secteurs – enseignement, santé, social, culture, éducation permanente, médias de proximité – la mobilisation grandit. Le mouvement syndical n’est plus seul : il est rejoint et renforcé par un large tissu associatif et citoyen. Des personnes directement touchées, souvent invisibilisées, prennent leur place dans la lutte. Cette convergence est une force majeure. Elle montre que ce combat dépasse les intérêts sectoriels : c’est un combat de société.

Nous avons tiré les leçons des défaites passées, notamment celle de 2014. À l’époque, malgré une mobilisation massive, le mouvement avait été abandonné en plein élan. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas répéter cette erreur. Le rapport de force existe. Il est large, visible, déterminé. Et il exige une stratégie claire, à la hauteur des attaques.

Car ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une série de « réformes » isolées. C’est un basculement profond. Une politique qui, sous couvert d’efficacité ou de sécurité, organise l’exclusion, fragilise les droits fondamentaux et s’attaque aux solidarités. Une politique qui, en divisant les populations, affaiblit l’ensemble du corps social.

La récente adoption de l’avant-projet de loi sur les visites domiciliaires (actuellement examiné au Conseil d’Etat) en est un symbole particulièrement grave. Cette mesure légalise des interventions policières au domicile de personnes soupçonnées d’être en séjour irrégulier, ouvrant la voie à des arrestations administratives dans des espaces privés. Elle criminalise non seulement les personnes sans papiers, mais aussi les gestes de solidarité. Elle installe un climat de peur et d’arbitraire.

Le gouvernement Arizona en s’est engagé à transposer le Pacte raciste européen sur la migration et l’asile pour une application pleine et entière d’ici le 12 juin 2026 : restriction de l’accueil et des droits sociaux ; durcissement des procédures et du séjour ; contrôle, triage et renvoi des demandeurs/euses d’asile et sans-papiers ; et création d’un Service Public Fédéral (SPF) Migration.

Ne nous y trompons pas : ce qui est aujourd’hui appliqué à certaines catégories de population finit toujours, à terme, par concerner tout le monde. L’histoire récente le montre. Accepter ces reculs, c’est fragiliser l’ensemble de nos droits.

Nous refusons cette logique.

Nous refusons une société qui exclut, contrôle et sanctionne.
Nous défendons une société fondée sur la dignité, l’égalité, la solidarité et les droits humains. Une société où les différences sont une richesse, et non un prétexte à la division.

C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation large, déterminée et unitaire, notamment à l’occasion de la manifestation du 12 mai.

Nous exigeons :

  • Le projet de loi sur les visites domiciliaires ne doit pas être voté 
  • La fin des politiques migratoires répressives et la démission de la ministre compétente
  • La fermeture des centres fermés et l’arrêt des expulsions
  • Une politique d’asile et de migration respectueuse des droits fondamentaux
  • La régularisation des personnes sans papiers
  • Le renforcement de droits sociaux accessibles et inconditionnels pour toutes et tous

Parce qu’ils divisent, nous rassemblons.
Parce qu’ils attaquent, nous ripostons.
Parce qu’il y a urgence, nous nous mobilisons.

Nous appelons les organisations syndicales à prendre pleinement leurs responsabilités :
en intégrant clairement, à nouveau (comme pour le 12 mars) ces revendications antiracistes et de défense des droits des personnes migrantes dans les mots d’ordre de la manifestation nationale du 12 mai. Il ne peut y avoir de lutte sociale victorieuse sans unité réelle entre toutes et tous, ni de défense des droits des travailleurs et travailleuses sans refus des politiques qui organisent le racisme, la division et l’exclusion.

Rejoignez le mouvement. Le 12 mai et au-delà.

Appel de la Formation Léon Lesoil et de la commission antiraciste de la Gauche anticapitaliste, avril 2026