Nous publions ci-dessous la version longue (également disponible en version courte et bilingue au format PDF en cliquant ici) du tract que nous distribuerons lors de la grève-manifestation contre l’Arizona, ce mardi 12 mai à Bruxelles.
Le gouvernement De Wever se sert de la dette comme prétexte pour réduire les droits et les conquis sociaux des travailleurs. Le déficit budgétaire, c’est eux qui le créent ! Ils dépensent des milliards en baisses de cotisations sociales et d’impôts pour les plus riches, en cadeaux aux entreprises, en particulier des énergies fossiles et de l’armement, ou alors ils nationalisent à grands frais le parc nucléaire, une décision dangereuse et extrêmement chère. Ensuite, ils nous présentent la facture ! Les travailleurs cotisent pour faire face aux aléas de la vie : la maladie, le chômage, la pension. Le gouvernement Arizona lui, braque la caisse et nous vole littéralement nos droits. Comme souvent, les femmes sont les premières touchées.
Avec la crise énergétique provoquée par Trump et Netanyahu, les prix ne cessent de grimper. Le gouvernement répond par des mesures antisociales : le double saut d’index partiel et la hausse de la TVA et des accises. En parallèle, il poursuit la criminalisation des sans papiers et des personnes qui les hébergent. En légalisant les “visites domiciliaires” de la police et les arrestations au domicile même des personnes soupçonnées d’être sans papiers, le gouvernement installe un climat de peur et d’arbitraire, qui vise à dissuader tout geste de solidarité.
Mais face à tout cela, les protestations continuent de monter de toute part. Les travailleurs de Bpost et d’Aldi se mettent massivement en grève contre les horaires hyper-variables et contre le travail du dimanche, pour garder le peu de maîtrise qu’il leur reste de leur temps de travail et de leur temps de vie face aux pressions consuméristes. Dans d’autres secteurs – enseignement, social-santé, culture – de larges mouvements associatifs, syndicaux et citoyens s’installent dans la durée. Cette convergence montre que ce combat contre l’Arizona dépasse les intérêts sectoriels : c’est un combat de société.
Les organisations syndicales ont élaboré des alternatives budgétaires, qui permettraient d’aller chercher 21,2 milliards d’euros, principalement grâce à un transfert de la contribution fiscale du travail vers le capital. Ces propositions sont les bienvenues, car elles permettent de récupérer les sommes qui ont été cédées aux super-riches et aux grandes entreprises.
En même temps, elles sont insuffisantes : un impôt exceptionnel, substantiel et progressif sur le patrimoine des 10 % d’habitants les plus riches de Belgique permettrait quant à lui de dégager plus de 100 milliards d’euros d’un coup et de briser le cycle infernal dette-austérité.
Pour récupérer cet argent, il faudra plus qu’une pétition. La seule manière de mettre en œuvre ce plan alternatif est de durcir les actions. La manifestation du 12 mai ne doit surtout pas être un point d’arrêt. Les dirigeants syndicaux doivent sortir des actions dispersées et organiser le débat pour construire, démocratiquement, à la base, une véritable stratégie pour gagner : un plan d’action cohérent, conséquent, qui monte en puissance, avec de nouvelles manifestations massives et 48 heures de grève générale. L’austérité n’est pas une fatalité. Organisons-nous pour gagner !

