Nous publions ci-dessous la version longue du tract (également disponible en version courte bilingue au format PDF en cliquant ici) que nous distribuerons lors du rassemblement du secteur non marchand ce mardi 3 février à Bruxelles, à l’appel du front commun syndical.
Santé, aide sociale, petite enfance, enseignement, culture, secteur associatif : le non-marchand est à bout. La plupart de ces métiers ont en commun de concerner le soin, c’est-à-dire de répondre aux besoins sociaux, affectifs, relationnels et éducationnels de la population. Secteur absolument essentiel pour la société et pourtant sous-financé depuis des années, il est menacé par le gouvernement Arizona et ses avatars régionaux et communautaires qui organisent sciemment son asphyxie au nom de l’austérité.
Les attaques sont concrètes et massives :
- La réforme du chômage réduit la durée des allocations à deux ans maximum, affectant directement les travailleur·euses du non-marchand, souvent employé·es à temps partiel et dépendant d’un complément chômage.
- Dans la petite enfance, les coupes à l’ONE, la réduction de l’indexation et la nouvelle grille tarifaire mettent en péril les milieux d’accueil, tandis que les normes d’encadrement restent inadaptées face à une pénurie aiguë de personnel et de lieu d’accueil.
- Depuis le 1er janvier, des milliers de travailleur·euses précaires, notamment les bénéficiaires du statut ALE, des garderies à temps partiel, des écoles et du secteur social risquent de perdre une partie de leurs revenus. Des structures entières pourraient fermer faute de personnel.
- Le secteur associatif est ciblé par des réductions de subsides et une véritable chasse aux organisations jugées liées à un parti politique augurant une répression future contre toutes les voix critiques.
- En Wallonie, la réforme des aides APE entraîne entre autres des suppressions d’emplois dans le non-marchand. À Bruxelles, les ACS sont clairement menacés par les futures décisions budgétaires.
Ces politiques frappent d’abord les femmes*. Le non-marchand est massivement féminisé et centré sur le care : soigner, éduquer, accompagner, soutenir. Un travail essentiel, mais dévalorisé, sous-payé, exercé dans des conditions épuisantes. Quand ces services reculent, ce sont encore les femmes* qui compensent, gratuitement, dans les familles. L’asphyxie de ce secteur impacte également les centaines de milliers d’usager·ères de ces structures, qui constituent parfois pour certain·es le dernier filet de sécurité.
Les gouvernements prétendent qu’il n’y a “pas d’argent”. C’est faux. De l’argent, il y en a pour les profits et les cadeaux fiscaux. Ce qu’ils refusent, c’est d’investir dans la vie et de meilleures conditions de travail..
Les secteurs de l’enseignement et de la culture se mobilisent depuis des mois contre l’offensive sociale menée par les droites au pouvoir et nous montrent la voie : face à la droite radicalisée, seule l’unité et la combativité de tous les secteurs attaqués pourra faire plier ceux d’en face.
Face à cette offensive sociale, nous revendiquons :
- Un refinancement massif et structurel du non-marchand, à hauteur des besoins réels : petite enfance, santé, aide sociale, enseignement, culture, associatif, services sociaux, infrastructures d’accueil et maisons de repos. Fin des coupes, des budgets insuffisants et de la précarité des subsides.
- Des embauches massives et des conditions de travail dignes : allègement des charges de travail, reconnaissance salariale des métiers du care et réduction collective du temps de travail sans perte de salaire, avec embauches compensatoires.
- Une sécurité sociale forte et universelle : pensions dignes, allocations au-dessus du seuil de pauvreté, fin du statut de cohabitant·e et des temps partiels imposés qui enferment surtout les femmes* dans la précarité.
- Des services publics et un système de soins hors logique de marché, gratuits et accessibles, planifiés démocratiquement selon les besoins, prenant en compte les réalités des femmes*, des personnes racisées, sans-papiers et LGBTI+.
- Une société du “prendre soin”, où les tâches de soin ne reposent plus majoritairement sur les femmes*, mais sont collectivisées et reconnues.
- La fin des politiques migratoires racistes et la régularisation de toutes les personnes sans-papiers, pour garantir l’accès aux droits sociaux et aux soins.
Le 3 février, faisons de cette mobilisation un point de convergence. Une convergence contre l’austérité et la marchandisation du soin. Pour faire tomber le gouvernement Arizona et ouvrir la voie à une autre société du prendre soin.

