A moins d’un an des élections présidentielles en France, la campagne bat déjà son plein. Avec un RN en position de prendre le pouvoir, l’élection 2027 s’avère lourde de danger pour notre camp social, et ce dans l’une des principales puissances du continent européen. Pourtant, en l’absence (pour l’instant) d’une dynamique unitaire à la base, les gauches s’élancent en ordre dispersé. Nous publions ci-dessous les délcarations de nos deux organisations-soeurs en France : la Gauche écosocialiste et le NPA-l’Anticapitaliste, qui s’inscrivent toutes deux dans la volonté de mener un combat unitaire et antifasciste face au péril fasciste. Les deux décarations voient dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon un possible point de raliement pour une campagne de gauche de rupture et à la condition que cette campagne intègre et reflète toutes les sensibilités de cette gauche de combat et s’effectue depuis la base et non seulement selon une logique d’appareil.
Pour une candidature commune de rupture capable d’empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir
Déclaration de la Gauche écosocialiste
La France est entrée dans le cycle politique qui conduira à l’élection présidentielle de 2027. Cette échéance intervient dans un contexte particulièrement préoccupant :
- D’abord parce que la situation internationale est marquée par la multiplication des conflits, des offensives impérialistes, des logiques de puissance et des tensions géopolitiques. De Gaza à l’Ukraine, des rivalités sino-américaines à la remilitarisation générale de nombreuses puissances, le monde s’enfonce dans une période d’instabilité dont les conséquences se font directement sentir dans notre pays : inflation, tensions sur l’énergie, augmentation des dépenses militaires, remise en cause de certaines politiques sociales et écologiques au nom de « l’économie de guerre », progression des nationalismes et des logiques autoritaires.
- Ensuite parce que le mouvement social traverse une période de relatif reflux. Depuis l’échec de la puissante mobilisation contre la réforme des retraites, malgré la persistance de nombreuses luttes écologistes, féministes, syndicales ou antiracistes, nous ne sommes pas aujourd’hui dans une phase d’offensive sociale comparable à celles qui ont marqué d’autres périodes de notre histoire. Les récents congrès syndicaux ont eux-mêmes largement témoigné des difficultés rencontrées pour reconstruire des dynamiques de mobilisation de masse et renouer avec des perspectives de convergence des luttes. Cette situation renforce mécaniquement le poids de l’affrontement électoral dans les années à venir.
- Enfin parce que le macronisme est politiquement à l’agonie sans avoir perdu sa capacité de nuisance. Minoritaire dans le pays, contesté dans les urnes comme dans l’opinion, il continue pourtant à imposer des politiques profondément antisociales et antidémocratiques. La réforme des retraites imposée contre l’immense majorité de la population demeure emblématique de cette dérive. Le refus obstiné de revenir sur cette réforme malgré son rejet massif, les coupes budgétaires imposées aux collectivités locales, les restrictions imposées aux services publics, les attaques répétées contre l’assurance chômage ou encore la poursuite de politiques fiscales favorables aux plus fortunés illustrent la volonté du pouvoir de poursuivre coûte que coûte une politique rejetée par une majorité du pays. De canicule en tempêtes, face aux conséquences du dérèglement climatique toujours plus visibles et destructrices, ce pouvoir continue pourtant de repousser les ruptures nécessaires et de privilégier les intérêts économiques de court terme. Battu politiquement, le macronisme continue néanmoins à peser lourdement sur la société française.
Dans ce contexte, les enquêtes d’opinion qui se succèdent, comme les résultats des dernières consultations électorales, dessinent un paysage politique relativement stable. La gauche représente environ un tiers du pays. Les différentes droites représentent un autre tiers. L’extrême droite rassemble elle aussi près d’un tiers de l’électorat.
Cette situation fait peser un danger majeur : celui d’une nouvelle élimination de la gauche dès le premier tour de l’élection présidentielle.
La droite traditionnelle et libérale pourrait trouver un point de rassemblement autour d’une candidature comme celle d’Édouard Philippe, aujourd’hui la mieux placée dans son espace politique. L’extrême droite disposera quant à elle d’une candidature puissante, probablement celle de Jordan Bardella si Marine Le Pen ne peut concourir. Tout indique aujourd’hui que cette candidature du Rassemblement national est en mesure d’accéder au second tour et qu’elle dispose désormais d’une possibilité réelle de remporter l’élection présidentielle.
Nous refusons de banaliser ce danger.
L’extrême droite n’est pas une droite plus dure que les autres. Partout où elle exerce des responsabilités, elle s’attaque aux libertés publiques, aux contre-pouvoirs, aux mouvements sociaux, au monde de la culture et aux solidarités.
Les expériences municipales menées par le Rassemblement national donnent déjà un aperçu de ce que pourrait être son exercice du pouvoir à l’échelle nationale. À Hénin-Beaumont, la Ligue des droits de l’Homme a été chassée de locaux municipaux. Dans plusieurs communes dirigées par le RN ou ses alliés, des associations culturelles, d’éducation populaire ou de solidarité ont vu leurs subventions supprimées ou fortement réduites. À Carpentras, la nouvelle municipalité RN a mis fin à une ferme municipale biologique qui alimentait les cantines scolaires. Plus récemment encore, à Carcassonne, le nouveau maire RN a supprimé la mise à disposition de locaux syndicaux à la CGT, à la FSU, à Solidaires et à la CFDT après des mobilisations contre sa politique. Dans la même ville, la subvention municipale à la Ligue des droits de l’Homme a été supprimée après qu’elle eut contesté en justice un arrêté anti-mendicité.
Partout, derrière les discours de « préférence nationale » ou de « défense de l’identité », c’est la même logique qui se déploie : désigner des boucs émissaires, banaliser l’islamophobie et les discriminations, opposer les citoyens entre eux, affaiblir les contre-pouvoirs et mettre au pas le tissu associatif, syndical et culturel.
Dans le même temps, les violences commises par des groupes d’extrême droite, néofascistes ou néonazis se multiplient. Ces groupes se sentent encouragés par la progression électorale de leurs idées et par la banalisation croissante de leurs thèmes dans le débat public.
Face à cette menace, la responsabilité historique de la gauche est immense.
La responsabilité de la gauche est d’autant plus grande qu’elle ne part pas de rien. À deux reprises ces dernières années, elle a démontré sa capacité à reconstruire une dynamique unitaire. En 2022 avec la NUPES, puis en 2024 avec le Nouveau Front populaire, elle a montré qu’un programme de rupture avec les politiques libérales pouvait permettre de rassembler largement, de retrouver une position centrale dans le débat politique national, de barrer la route aux fascistes et de candidater au pouvoir.
La condition première pour empêcher un duel entre la droite et l’extrême droite est de reconstruire une perspective majoritaire autour d’un projet de transformation sociale, écologique et démocratique.
Cette tâche n’est pas simple.
Les difficultés rencontrées par la NUPES puis par le Nouveau Front populaire nous rappellent que l’unité est une construction exigeante et fragile.
La direction de La France insoumise a commis des erreurs importantes ces dernières années. En multipliant les tensions avec ses partenaires et en privilégiant parfois l’affirmation de son propre espace politique, elle a contribué à fragiliser cette dynamique. Or l’unité suppose précisément le respect entre partenaires, la recherche de l’action commune malgré les désaccords et, de la part de la force politique la plus importante, une responsabilité particulière : proposer l’union, créer les conditions du rassemblement et bannir toute tentation hégémonique ou excluante.
Ce constat ne retire rien aux responsabilités majeures des autres forces politiques, PS en particulier.
En faisant de sa démarcation vis-à-vis de La France insoumise un objectif prioritaire dans l’espoir de renouer avec son hégémonie à gauche, le PS a contribué à briser la dynamique née des élections législatives de 2024. En refusant de censurer le gouvernement et en permettant ainsi la prolongation du macronisme, il a non seulement détruit une part de l’espoir suscité par le NFP, mais aussi rendu possible la poursuite de politiques en contradiction avec le programme sur lequel il avait été élu.
Ces leçons du passé récent rappellent qu’aucune stratégie de rassemblement durable ne pourra réussir sans une pratique constante du pluralisme, du respect mutuel et de la volonté de construire ensemble.
Les difficultés rencontrées par le Nouveau Front populaire doivent être regardées comme une leçon pour l’avenir.
Pour reconstruire l’espoir, la gauche doit rompre avec les orientations social-libérales qui l’ont progressivement éloignée des classes populaires. En renonçant à affronter les logiques du marché, en accompagnant les politiques d’austérité européennes et en acceptant le cadre idéologique du libéralisme économique, les gouvernements sociaux-libéraux ont nourri la défiance populaire et ouvert un espace considérable à l’extrême droite.
La gauche ne retrouvera pas sa crédibilité en revenant aux politiques qui ont contribué à son recul.
C’est pourquoi nous ne nous reconnaissons pas dans les candidatures qui s’inscrivent dans la continuité de ces orientations, qu’elles soient portées par Raphaël Glucksmann, François Hollande ou d’autres représentants de cet espace politique. Elles ont beau se réclamer de la gauche, elles ne peuvent aujourd’hui constituer le point d’appui du rassemblement populaire dont le pays a besoin.
La gauche ne pourra redevenir majoritaire qu’autour d’un programme de rupture capable d’améliorer concrètement la vie du plus grand nombre et d’ouvrir une véritable perspective de changement.
Un tel programme appelle une candidature de large rassemblement, démocratique et pluraliste, capable d’unir durablement les forces qui s’en réclament.
Un tel programme existe dans ses grandes lignes. Il s’est exprimé à travers la NUPES puis à travers le Nouveau Front populaire. Il repose notamment sur l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation des salaires et des pensions, l’égalité femmes/hommes, l’élimination de toutes les discriminations, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le blocage des prix des produits de première nécessité, le développement massif des services publics, la planification écologique, la bifurcation énergétique, la justice fiscale, la défense des libertés publiques et le renforcement de la démocratie.
Nous avons eu raison de défendre la recherche d’une candidature commune sur cette base.
La forme que pouvait prendre ce processus importe finalement moins que son objectif. Qu’il s’agisse d’une primaire permettant d’enclencher une dynamique populaire, d’une convention citoyenne, d’un accord entre les organisations politiques ou de toute autre méthode permettant de dégager une candidature commune (à l’image de ce qui avait été fait lors de la désignation de Lucie Castets), l’essentiel était de reconstruire l’esprit du Nouveau Front populaire et de créer les conditions d’une victoire en 2027.
Cette orientation demeure juste.
A l’heure actuelle, un tel processus ne parvient pas à s’imposer à toute la gauche. Le PCF et LFI s’y refusent. Quant au Parti socialiste, il est enfermé dans un congrès permanent où la bataille interne prend le pas sur la construction d’une candidature commune et où la leçon pourtant sévère de l’échec du quinquennat Hollande tend à s’effacer derrière l’espoir d’un retour à l’âge d’or social-démocrate avec le retour au bercail des brebis macronistes égarées. Sous l’influence croissante de sa droite et sous la pression de l’espace politique animé par Raphaël Glucksmann, il paraît désormais davantage engagé dans la reconstruction d’un pôle social-démocrate autonome, voire social-libéral, que dans la recherche d’une candidature commune de la gauche de rupture et de l’écologie.
Dans ces conditions, la perspective d’une candidature unique à gauche, porteuse d’un programme qui rassemble, n’est aujourd’hui pas atteignable.
A ce stade, la candidature de Jean-Luc Mélenchon semble la mieux placée pour représenter la gauche de rupture.
Aucun autre candidat potentiel ne dispose aujourd’hui d’un soutien populaire, militant et électoral comparable.
Pour autant, il ne s’agit ni de demander un ralliement inconditionnel ni de renoncer aux critiques que nous formulons à l’égard de certaines orientations ou pratiques de la direction de La France insoumise, notamment lorsque celles-ci conduisent à des désaccords sur la solidarité avec l’Ukraine face à l’agression russe ou sur certaines formulations pouvant être perçues comme complaisantes à l’égard du pouvoir chinois.
La question qui se pose désormais est la suivante : à défaut d’une candidature commune issue d’un processus partagé, Jean-Luc Mélenchon peut-il devenir le candidat commun de la gauche de rupture et de l’écologie ? A quelles conditions ?
Nous proposons d’ouvrir dès que possible une discussion politique entre La France insoumise, les Écologistes, L’APRES, Génération.s, la Gauche Écosocialiste, le PCF, Alternative communiste, le NPA-A, Debout !, les Verts unitaires, PEPS, le RESI ainsi que les forces syndicales, associatives, citoyennes et militantes qui souhaitent construire une alternative pour explorer cette possibilité.
L’objectif serait de définir les conditions permettant de transformer une candidature aujourd’hui portée par une seule force politique en une véritable candidature de rassemblement. Une telle démarche devrait reposer sur :
- une direction pluraliste de campagne associant l’ensemble des forces engagées ;
- l’identification, avant l’élection présidentielle, d’une équipe dirigeante pluraliste préfigurant l’exercice collectif du pouvoir, pouvant notamment prendre la forme d’un tandem associant le candidat à la présidence et une personnalité issue d’une autre composante du rassemblement appelée à jouer un rôle central dans la conduite d’un futur gouvernement ;
- un programme élaboré collectivement à partir des principaux acquis du Nouveau Front populaire et du programme actuellement défendu par Jean-Luc Mélenchon ;
- un accord législatif garantissant une représentation équitable de toutes les composantes du rassemblement et la reconduction des député·es sortant·es parties prenantes de l’accord, sauf situation liée à des violences sexistes et sexuelles ou renoncement volontaire à se représenter.
Le 25 juin 2026
Le secrétariat de la Gauche écosocialiste, mandaté par l’AG du 23 juin.
Anticapitalistes et antifascistes.
En campagne pour battre l’extrême droite par nos luttes et dans les urnes, pour la victoire de notre camp social !
Déclaration du NPA-A
Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, une Conférence nationale du NPA-l’Anticapitaliste s’est réunie le 27 juin 2026. Elle a réuni ses délégué·e·s, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin.
Un système à bout de souffle
Le système capitaliste menace l’existence de l’humanité tout entière. Ce système est le premier responsable de la crise climatique. Les capitalistes exigent toujours plus de reculs sociaux, toujours plus de perfusions d’argent public pour redresser leurs profits. Ils poussent maintenant à l’expansion sans fin des dépenses militaires et à la multiplication des guerres impérialistes contre les peuples.
Les dirigeant·e·s à leurs services, tout particulièrement Emmanuel Macron, sont discréditéEs et leurs politiques sont massivement rejetées par les travailleur·e·s et les jeunesses. Mais d’autres, plus dangereux encore, se proposent de les remplacer. Avec le soutien de pans entiers du patronat, l’extrême droite, les organisations néo-fascistes, progressent partout sur la planète. C’est l’expression politique de la radicalisation de la bourgeoisie. Lorsqu’elle parvient au pouvoir, non seulement l’extrême droite persécute les immigré·e·s, les personnes racisées, les LGBTI+, non seulement elle s’attaque aux droits des femmes, aux libertés d’organisation et d’expression, mais elle amplifie également l’offensive contre l’ensemble des travailleur·e·s et de leurs organisations au seul profit du capital.
En France, le macronisme est en échec, et la droite a des difficultés à se recomposer. Elle cherche à le faire en se rapprochant de plus en plus des thèses de l’extrême droite. Une polarisation croissante entre le RN et la gauche antilibérale traduit les contradictions explosives qui sont latentes dans la société.
De nombreuses luttes s’opposent frontalement aux classes dominantes et à leurs politiques : luttes écologistes contre les grands projets nuisibles et imposés, luttes féministes, antiracistes, LGBTI+, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, luttes des quartiers populaires, luttes des travailleur-euses pour défendre nos retraites, l’assurance chômage, la santé, la Sécurité sociale… Mais elles peinent à obtenir des victoires face à un pouvoir plus déterminé que jamais à préserver ses intérêts.
Le danger de l’extrême droite
Pour les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste, l’élection présidentielle de 2027 et les législatives qui suivront ont une importance majeure, puisque pour la première fois le Rassemblement national est en capacité de l’emporter. La situation est d’autant plus grave que la constitution antidémocratique de la 5e République offre d’innombrables possibilités au Président pour imposer un pouvoir autoritaire.
Après s’être dotée, grâce aux médias contrôlés par les milliardaires d’extrême droite, des moyens d’imposer son hégémonie dans la société, après avoir acquis de nombreux sièges à l’Assemblée nationale et dans les municipalités, l’extrême droite fascisante de Bardella et Le Pen pourrait ainsi mettre la main sur l’appareil d’État et acquérir le contrôle de la police, de l’armée et des institutions judiciaires. Il s’agit là d’un péril majeur pour les exploitéEs et les oppriméEs, pour le monde du travail et pour les raciséEs, les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités de genre dont l’extrême droite est le pire ennemi. C’est aussi l’assurance de poursuivre et aggraver la course au basculement climatique. Toutefois, nous savons depuis la victoire électorale du NFP que le pire n’est jamais sûr et qu’il est possible de battre et de faire reculer l’extrême droite et ses idées mortifères.
Un front unique antifasciste
Réussir cet objectif n’est possible que si nous parvenons à réunir, le plus largement et le plus démocratiquement possible, l’ensemble du mouvement ouvrier et en particulier la gauche de rupture. Nous devons construire un front antifasciste capable de mobiliser les classes populaires afin de mettre en échec la marche du Rassemblement national sur l’Élysée. C’est pourquoi le NPA-l’Anticapitaliste appelle dès maintenant l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. Ces cadres de résistances seront indispensables quel que soit le résultat des prochaines élections. À ce titre, il faut ancrer cette politique dans la durée.
Construire la résistance à l’extrême droite est une préoccupation largement partagée dans des cadres locaux, des comités contre l’extrême droite, des secteurs intellectuels (CRACS), artistiques (« Dégager Bolloré », cinémas indépendants), des médias indépendants. Mais aussi par des secteurs militants dont nous sommes partie prenante : féministes, antiracistes, en défense des droits des personnes LGBTI+, écologistes, militant·e·s contre les grands projets nuisibles et imposés, et bien sûr les militant·e·s des organisations syndicales. Toustes partagent l’inquiétude du danger de l’extrême droite et œuvrent à des regroupements, comme celui du 13 juin initié par ATTAC, Copernic et Solidaires, pour une campagne antifasciste du mouvement social. Les militant·e·s du NPA-l’Anticapitaliste participent pleinement à un certain nombre de ces cadres qui seront nécessaires pendant et après les échéances électorales. Nous sommes convaincuEs que c’est aussi sur ce terrain électoral que doit se mener la lutte contre l’extrême droite.
Le NPA-l’Anticapitaliste mènera une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité de ce front unique antifasciste.
Une candidature de rassemblement pour répondre à l’urgence sociale et écologique
Le NPA-l’Anticapitaliste n’a pas d’intérêts distincts de ceux de notre camp social : dans la situation politique actuelle, l’heure est à l’unité et non à la division pour porter un programme de rupture avec le libéralisme. Dans ce contexte, le NPA-l’Anticapitaliste ne présente pas de candidature à l’élection présidentielle, participe à la construction d’un front antifasciste large et œuvre à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.
En regrettant l’absence actuelle de dynamique de front social et politique large, comme cela avait pu s’amorcer au moment du NFP, le NPA-l’Anticapitaliste fait le constat qu’à l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes.
Nous agirons ces prochains mois pour la réussite de cette campagne. Nous engageons des discussions pour trouver un accord avec LFI et l’ensemble des organisations et courants de la gauche de rupture souhaitant s’inscrire dans la campagne Mélenchon. Un tel accord doit donner des garanties à l’ensemble des forces pour qu’elles y trouvent leur place. La FI propose de mettre en place un comité politique et la constitution de comités de campagne à partir de ses groupes d’action. Tout en conservant son indépendance politique et organisationnelle, le NPA-l’Anticapitaliste propose de construire avec l’ensemble des forces parties prenantes à cette campagne, des cadres d’actions et de décisions collectives et démocratiques, et ce, à l’échelon local comme national. Nous agissons pour que ce processus intègre l’ensemble des forces qui avaient constitué un front social, politique et unitaire en 2024, notamment les organisations du mouvement social et syndical, ainsi que les forces et militantEs révolutionnaires. Ces éléments sont essentiels dans la construction d’une dynamique militante et rassembleuse capable de barrer la route au Rassemblement national et de porter un espoir de changement pour des millions de personnes. La campagne doit permettre de mettre en mouvement notre camp social, de faire le lien entre les secteurs combatifs, de faire converger nos revendications pour s’affronter aux classes dominantes et faire face au danger de l’extrême droite sur le terrain comme dans les élections.
À l’issue des discussions qu’il mènera prochainement avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à cette candidature.
Unitaires, internationalistes et révolutionnaires
Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage pleinement, dans la rue comme dans les urnes, dans la lutte antifasciste qui va s’ouvrir avec la campagne présidentielle.
Dans cette séquence politique et sociale, le NPA-l’Anticapitaliste continuera à faire entendre sa voix unitaire et révolutionnaire, son internationalisme pour l’autodétermination des peuples et ses aspirations à la démocratie la plus large. Nous continuerons à construire avec d’autres les luttes sociales, antiracistes, féministes, écologistes, internationalistes et contre toutes les oppressions.
Le programme porté par le NPA-L’Anticapitaliste s’inscrit dans le Manifeste pour une révolution écosocialiste de la IVe internationale. Nous porterons dans les débats programmatiques nos revendications pour un programme de rupture anticapitaliste, notamment :
- face à la crise économique, la réquisition des banques, la réduction du temps de travail et l’annulation des dettes publiques ; l’interdiction des licenciements et l’augmentation massive des salaires, le partage des richesses, le 100% sécu, la retraite à 60 ans, le développement et la gratuité des services publics à la hauteur face à la crise, pour un droit au logement digne effectif pour toutes et tous, etc. ;
- face à la crise écologique, les transports publics gratuits, l’expropriation des multinationales, la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une décroissance écosocialiste pour sauver la planète et le vivant, car seule une socialisation de la production et de la reproduction sociale décidée par tous et toutes permettra d’éviter la catastrophe ;
- face à la crise démocratique, la suppression de la fonction présidentielle et la fin de la 5e République avec une assemblée constituante appuyée sur les mobilisations, contre les attaques liberticides et racistes ; pour l’égalité des droits, pour la liberté de circulation et d’installation et la régularisation des sans-papiers, contre les discriminations et l’islamophobie d’État ; pour l’autonomie de la jeunesse ; pour l’émancipation des femmes et des minorités de genre ;
- face à l’impérialisme et au colonialisme : pour une politique antimilitariste ; pour le droit à l’autodétermination des peuples et pour des solidarités internationalistes, de la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Venezuela ; pour la décolonisation, à commencer par la Kanaky, et pour l’accession effective à l’indépendance de tous les peuples qui le revendiquent comme les peuples corse et basque.
Sur cette orientation, le NPA-l’Anticapitaliste organisera dès la rentrée une campagne dynamique, avec son matériel (livret programmatique, tracts, affiches, vidéos…) et une série de réunions publiques.
L’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste du 23 au 26 août sera un premier temps fort de débats avec les forces sociales et politiques disposées à construire un front antifasciste large articulé à la bataille présidentielle et législative.
La victoire de l’extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !
Paris, le 28 juin 2026

