Portée par Stop the War Coalition, une des principales coalitions antiguerre au Royaume-Uni, la Conférence internationale contre la guerre s’est tenue à Londres le 20 juin 2026, sans aucune solidarité avec la résistance ukrainienne.
Les objectifs de cette conférence : s’opposer à la logique de guerre permanente du capitalisme contemporain, aux programmes de réarmement et à la militarisation en Europe ; renforcer la solidarité internationale et construire un mouvement antiguerre.
À ces objectifs légitimes, il manque la solidarité active avec la résistance ukrainienne. Notre camarade Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne Sotsialnyi Rukh (Mouvement social), le souligne dans sa lettre ouverte aux participantEs de la Conférence.
Elle regrette que cette conférence se tienne sans les syndicats combatifs, les organisations féministes, les collectifs socialistes et les réseaux d’entraide, alors que l’Ukraine est l’un des principaux terrains de guerre aujourd’hui. « Nos voix — celles de personnes qui résistent à l’impérialisme, qui défendent la justice sociale et qui vivent cette guerre au quotidien — sont absentes. »
La guerre en Ukraine est une guerre populaire
« Plus d’un million d’UkrainienNEs servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminotEs, infirmierEs, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignantEs, bénévoles. » Soutenir la société ukrainienne, c’est soutenir les luttes sociales qui se poursuivent malgré la guerre. « Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste. »
L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes ». Snizhana remet en cause un pacifisme hors-sol : « Pour les travailleurs et travailleuses ukrainienNEs, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincuEs. » Cela revient à exiger leur capitulation face à l’occupation qui « apporte les fosses communes, les déportations, l’enlèvement d’enfants et la destruction de toute vie syndicale et civique indépendante ».
Plus que jamais, contre l’agression russe, le peuple ukrainien a besoin de solidarité.
Des combats très intenses, sans percée décisive majeure
Les villes de l’arrière-front, Sloviansk, Kherson ou Kostiantynivka, subissent une pression continue de l’armée russe, qui poursuit son offensive d’été en payant un prix humain élevé. L’Ukraine mène une campagne de frappes en profondeur sur le territoire de la Russie et dans les territoires occupés. En ciblant les bases aériennes, les ports militaires et les systèmes de défense antiaérienne, elle vise à accentuer la pression sur le Kremlin. Le bombardement des raffineries et dépôts pétroliers provoque des pénuries de carburant et montre au peuple russe que l’occupation et l’agression ont un coût durable. Depuis le début de l’année, l’armée ukrainienne cherche à isoler la Crimée pour affaiblir les capacités de projection russe vers le front sud. Frappée par les drones, les missiles de précision et les sabotages, elle n’est plus un « arrière sécurisé ».
En Ukraine, la guerre accentue les difficultés économiques et sociales : inflation, menaces sur le droit du travail et 4,5 milliards de hryvnias de salaires impayés par les entreprises privées ou l’État lui-même. Cette situation affaiblit la défense du pays, sape le moral de la population et, comme l’explique un syndicat KVPU des mineurs de Lviv, elle « prive également de la possibilité d’aider plus de 800 employés de notre entreprise qui sont dans les forces armées ukrainiennes et auxquels les mineurs fournissent tout le nécessaire ».
Comme l’écrit Snizhana Oleksun, « une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde ». Elle ajoute : « S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine nous laisse sans défense. » Nous devons exiger une paix « juste » et non impériale, décidée dans le dos des UkrainienNEs et contre leurs droits politiques et sociaux.
Article initialement publié le mercredi 1er juillet sur le site de l’Anticapitaliste

