Un millier de personnes étaient rassemblées devant le parlement de la Région Bruxelloise ce 23 janvier 2026 pour dénoncer les politiques d’austérité qui frappent le non-marchand et les services publics bruxellois. En effet, selon la campagne « liquidation sociale » de la FDSS, au moins une centaine d’associations sont déjà impactées par la perte de financements : Transit, Le Projet Lama, Dune, La Plateforme Citoyenne, La FDSS, des Lieux de Liens, des Maisons de Repos, des crèches, les plannings familiaux et Maisons Médicales, etc.
La journée a été organisée en quelques semaines à l’initiative des délégations inter-centres CNE qui avaient été interpellées par plusieurs travailleuses et travailleurs du secteur sur les suites de la journée de grève interprofessionnelle du 26 novembre dernier. En collaboration étroite avec «l’Assemblée Générale du Secteur Psycho-médico-social » et en front commun avec le SETCA et la CGSLB, la journée a été une belle réussite en solidarités et convergence des forces. Et cela s’est traduit par une présence importante et très diversifiée de professionnel·les, usager.ères, patient·es et membres des associations du social-santé bruxellois.
Le message des manifestant·es était clair : pas touche au non-marchand et aux services publics ! Ce n’est pas dans ces secteurs essentiels et déjà sous-financés qu’il faut aller chercher des sous pour la région bruxelloise. Au contraire, ces secteurs ont besoin de financements structurels, pérennes, et à hauteur des besoins dans la Capitale. Même le financement des derniers « Accords du Non-Marchand » qui ont été négociés et validés par le parlement n’est toujours pas garanti à cause du blocage du budget. Ici, comme en Fédération Wallonie-Bruxelles et au fédéral, c’est à la question des recettes qu’il faut s’attaquer !
Le rassemblement d’aujourd’hui contraste avec d’autres rassemblements qui ont pu être organisés ces derniers mois et qui revendiquaient principalement « du respect pour Bruxelles » en appelant « les élus politiques à prendre leurs responsabilités et à former urgemment un gouvernement ». Aujourd’hui, les manifestant·es n’appelaient pas à un gouvernement à tout prix. Plusieurs prises de parole ont insisté sur la nécessité de politiques sociales, de politiques en rupture avec le gouvernement fédéral “Arizona”. Roxanne (déléguée inter-centres CNE) a souligné : “pas de gouvernement c’est mauvais mais un gouvernement de droite, c’est pire !”. Faisant ainsi référence à la toute dernière séquence des négociations bruxelloises sur le budget organisées par Verougstraete (Les Engagé.es). Bien que torpillé par la droite flamande de l’Open Vld, ce que les Engagé.es, le PS, Ecolo et Défi préparaient avec le projet “Osons Bruxelles” en 13 priorités était un plan d’austérité. Amal (déléguée CSC Services Publics) a renchéri : “il faut un gouvernement social !”.
Dans la foulée du rassemblement place Saint-Jean, les manifestant·es se sont dirigé·es au bruit des casseroles vers le parlement. La police a été obligée de céder sur son injonction à rester sur le trottoir quand la foule prenait la rue. Une délégation de permanent·es et délégué·es syndicaux en front commun est alors partie à la rencontre de député·es du PTB, du PS, de Vooruit, de Ecolo, de la Team Fouad Ahidar et des Engagé.es. Le bilan principal de ces rencontres est que la solution pour Bruxelles n’est pas dans les mains des politiques institutionnelles. Certaines lignes bougent, nous apprenons notamment que ce qui peut être décidé en affaires courantes (avec une majorité parlementaire plus à gauche) pourrait être bien plus vaste que ce qui est pratiqué de coutume. Cette majorité parlementaire alternative avait d’ailleurs déjà pris des dispositions contre les loyers abusifs et, la veille du rassemblement, a décidé de supprimer le “petit-saut” d’index dans le secteur. Preuve que des décisions importantes et avantageuses peuvent être prises dans l’intérêt des bruxellois·es.
En parallèle des rencontres avec les député·es, une centaine de manifestant·es ont participé à trois ateliers politiques organisés par la CNE (sur le sujet des Accords du Non-Marchand), le MOC (sur le sujet de la dette et des alternatives à l’austérité) et l’Assemblée Générale du Secteur Psycho-médico-social (sur les revendications et les objectifs du mouvement). Plusieurs participant·es ont salué cette opportunité de formation collective qui permet d’approfondir la discussion politique et de libérer la parole des travailleuses et travailleurs hors de leurs contraintes institutionnelles.
Cette journée d’action fait partie de ce dont on a besoin pour sortir, par la gauche, de la crise politique à Bruxelles et est intimement liée aux actions de résistance contre le gouvernement fédéral. Deux rendez-vous clés à ne pas manquer sont déjà prévus pour les 12 février et 12 mars à Bruxelles.
Photo : rassemblement du secteur psycho-médico-social le 23 janvier 2026 à Bruxelles. Crédit : Gauche anticapitaliste / CC BY-NC-SA 4.0
