Nous publions ci-dessous la version longue du tract (également disponible au format pdf en version courte et bilingue ici) que nous distribuerons lors des actions féministes des 8-9 mars en Belgique.
Pour un 8 mars de lutte et une véritable grève féministe ! Le 8 mars s’est imposé comme une journée de mobilisation féministe internationale. Mais c’est aussi une journée de grève féministe : une grève qui rend visible l’ampleur du travail produit par les femmes* et les minorités de genre, dans le travail salarié comme dans le travail domestique et de care; souvent gratuit, toujours indispensable au fonctionnement de la société.
Dans un contexte de montée mondiale de l’extrême droite, le racisme décomplexé, les offensives anti-genre, la transphobie et les attaques contre les droits sexuels et reproductifs prennent une ampleur à ne pas négliger. Ce projet fascisant vise à renforcer l’ordre patriarcal, colonial et capitaliste ; pour s’y opposer, le féminisme est une ligne de front ! De même, face aux guerres impérialistes et aux régimes autoritaires, nous défendons un féminisme internationaliste, concret et solidaire, aux côtés des peuples en lutte en Iran, au Venezuela, en Ukraine, en Palestine et ailleurs.
En Belgique, le gouvernement Arizona et les gouvernements régionaux mènent des politiques antisociales, racistes et sexistes. Les femmes* sont en première ligne de cette offensive : précarisation du travail, destruction des services publics et du non-marchand, contrôle des corps, violences structurelles. Ce projet de destruction sociale doit être stoppé.
Nous soutenons toutes les grèves et mobilisations en cours contre ces gouvernements et appelons les syndicats à intégrer pleinement les luttes féministes dans leurs stratégies syndicales. La grève est notre levier central. Le féminisme ne peut être institutionnalisé : il doit être un mouvement de masse, ancré dans les luttes sociales.
Face à ces enjeux, il est urgent de construire un mouvement féministe fort, unitaire, radical et démocratique. Un féminisme qui se rassemble, qui se coordonne et qui s’engage sur le long terme, bien au-delà du 8 mars, en visant la chute de l’Arizona et de tous les gouvernements austéritaires, et jusqu’à la fin de l’oppression et de l’exploitation patriarcales.
Nous exigeons :
- Le financement massif et structurel des services publics et non-marchands (crèches, santé, éducation, culture, services sociaux, infrastructures d’accueil, homes) ;
- Une sécurité financière pour tous·te·s : pensions pour toutes les carrières; allocations garantissant une vie digne pour chacun·e ; fin du statut de cohabitant·e; fin des temps partiels imposés qui nous maintiennent dans la précarité économique ;
- Le désinvestissement de la police au profit d’un plan d’investissement massif pour la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes, les minorités de genre et les enfants ;
- Un accès libre, gratuit et effectif à la contraception et à l’avortement jusqu’à 24 semaines, la dépénalisation de l’IVG et la fin du délai de réflexion ;
- La fin des politiques migratoires racistes et la régularisation de toutes les personnes sans-papiers ;
- Une solidarité avec les femmes du monde entier : soutien à la résistance des peuples en lutte contre toutes les agressions impérialistes ;
- La chute de l’Arizona et des gouvernements austéritaires : pour une alliance large des mouvements sociaux et des syndicats, en défense d’une autre société : féministe, solidaire et démocratique.
Grève féministe maintenant, et au-delà du 8 mars !
