Après avoir illégalement collaboré avec le régime dictatorial soudanais pour y renvoyer des migrant.e.s (torturé.e.s à leur retour)(1)https://www.gaucheanticapitaliste.org/soudangate/, après avoir autorisé la construction “d’unités familiales” en centre fermé afin d’emprisonner des enfant.e.s au 127bis(2)http://www.lesoir.be/156794/article/2018-05-15/des-familles-avec-enfants-pourront-etre-logees-en-centre-ferme-des-juillet-video, après que la petite Mawda (2 ans) ait été tuée par la police(3)https://www.gaucheanticapitaliste.org/jusque-sur-lautoroute-en-belgique-la-forteresse-europe-continue-de-tuer/, après que la justice ait annoncé qu’elle renvoyait devant le tribunal correctionnel 12 personnes qui ont hébergé des migrant.e.s(4)http://www.lesoir.be/160598/article/2018-06-04/les-douze-personnes-poursuivies-pour-avoir-heberge-des-migrants-seront-jugees… c’est donc une nouvelle illustration du projet fascistoïde de Theo Francken (soutenu par le gouvernement).

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la (non)Migration à annoncé ce 5 juin 2018 dans le cadre d’une interview :

“Il faut pouvoir renvoyer les bateaux, trouver une manière de contourner l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’homme, et la jurisprudence doit s’y adapter”

Rappelons ce que dit cet article :

INTERDICTION DE LA TORTURE

Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

C’est très clair : non seulement cet article a été transgressé par le passé (le rapport du C.G.R.A. le disait clairement malgré l’enfumage du gouvernement(5)Voir notre analyse dans cet article : www.gaucheanticapitaliste.org/mensonges-enfumage-et-nouvelle-rafle-un-9-fevrier-degoutant/) mais Theo Francken souhaite maintenant légaliser la procédure. Un nouveau pas vers l’ignoble est franchi quasiment chaque semaine sans que les autres partis du gouvernement ne réagissent.

C’est donc une politique assumée par le gouvernement dans son entièreté. Hier encore, c’est la police fédérale qui était envoyée (par deux fois) au Parc Maximilien pour une nouvelle “chasse aux migrant.e.s”. Plus de 10 personnes ont été arrêtées; les bénévoles de la Plateforme Citoyenne ont été menacé.e.s; leurs smartphones ont été arrachés des mains par la police (alors que filmer ou prendre des photos de la police est un droit) et une personne a été violentée physiquement (interruption de travail délivrée par un médecin).

Quiconque pense encore que des petites actions symboliques feront reculer le gouvernement se trompe. Il suffit de voir l’escalade vers l’extrême droite de la politique anti-migratoire du gouvernement depuis 2014. Il faut continuer à mettre la pression avec des actions ciblées mais cela doit s’additionner à un mouvement de masse.

En décembre, nous avions lancé un mouvement unitaire contre Theo Francken (et la politique anti-migratoire du gouvernement) qui a regroupé plus de 160 organisations (francophones et flamandes). Une manifestation en février avait réuni plus de 10.000 manifestant.e.s mais tout s’est ensuite arrêté.

En mars, c’étaient des organisations flamandes (rejointes par plusieurs organisations francophones) qui organisaient une grande manifestation antiraciste (rassemblant plus de 6000 participant.e.s).

Il est temps de continuer ce travail afin de créer un grand mouvement antiraciste, large, unitaire et démocratique ! Nous ne pouvons plus nous contenter de manifestations spontanées en réaction aux mesures immondes de ce gouvernement. Notre mouvement doit continuer dans la durée, ne rien lâcher, ne jamais abandonner (pour ne jamais repartir de zéro) et continuer sans cesse de grandir et s’élargir. Nos revendications doivent êtres claires : la démission de Theo Francken ne peut être suffisante. C’est toute cette politique raciste et meurtrière qui doit dégager.

Le gouvernement a du sang sur les mains, qu’il dégage !

Notes   [ + ]