C’est en prévision du duel entre le FC Bruges et le RSC Anderlecht le 17 décembre que le CCOJB(1)Comité de coordination des organisations juives de Belgique lançait l’alerte vendredi dernier. Dans les tribunes du Club de Bruges, un chant antisémite est régulièrement entendu et vise principalement le “club ennemi” qu’est Anderlecht.

Les paroles de ce chant sont courtes et ne laissent place à aucun doute : “Al wie niet springt is een jood” (qui ne saute pas est un juif). Le courrier du CCOJB adressé au club brugeois précisait que “le fait de considérer le ‘juif’ comme un ennemi est fréquent dans les stades de football.” Bien que nous ayons des désaccords avec la ligne politique du CCOJB nous pouvons être d’accord sur le fait que “Ce chant n’a pas sa place dans nos stades de football.”

Malgré cet avertissement, aucune mesure concrète n’a été mise en place, ni par le club, ni par l’union belge de football et encore moins par la Pro League (Division 1A). Résultat : Ce chant a été entendu dès le début du match et une nouvelle fois après le 3ème but brugeois (score final : 5-0). Il devient inadmissible que de tels chants soient admis et qu’il n’y ait ni l’arbitre, ni les clubs, ni les dirigeants du foot pour exclure ces groupes qui nuisent à ce sport populaire que nous aimons tant.

Pourtant le règlement(2)Règlement de l’URBSFA : http://static.belgianfootball.be/project/publiek/reglement/reglement_fr.pdf de football de l’union belge est clair !

Article B307 :

Sous réserve des principes généraux de droit, des dispositions d’ordre public et des législations nationales, régionales et communautaires en la matière, il y a également lieu de tenir compte du règlement de la FIFA – Racisme (www.fifa.com).

Article P278 :

Le Match Delegate dresse à l’issue de la rencontre un rapport de ses constatations, de ses recommandations et plus spécialement de tous les incidents qu’il constate en dehors du terrain du jeu avant, pendant et après le match.
/…/
Il est dans le même délai également transmis au Parquet UB lorsque le rapport relate soit des incidents qui ont pu influencer le cours normal de la rencontre, soit des manifestations (chants, cris, messages écrits, etc…) racistes ou gravement blessantes pour une personne ou une catégorie de personnes. En ce cas, le Parquet UB exercera ses compétences et soumettra le rapport aux instances disciplinaires compétentes.

L’une des sanctions peut être d’obliger le club à jouer un ou plusieurs matchs à huis-clos (Article B1919) :

11. Lorsque des désordres se sont produits dans les installations d’un club, l’instance compétente a le droit de prescrire que des matches à jouer sur ce terrain se disputent à bureaux fermés, même s’il est établi que les dirigeants du club ont fait tout leur possible pour maintenir l’ordre.

12. La même mesure peut être infligée au club dont les supporters provoquent des incidents au cours d’un match sur terrain adverse.

Force est de constater qu’aucune de ces mesures n’est jamais prise. Pourtant ce n’est pas la 1ère fois que des chants à caractère raciste, sexiste ou homophobe sont entendus dans nos stades. Nous en parlions en février 2016 pour dénoncer un chant homophobe qui continue d’être chanté dans les tribunes de football (3)Pas de haine dans nos stades : http://www.lcr-lagauche.org/pas-de-haine-dans-nos-stades. Il devient urgent que les instances dirigeantes du football passent des paroles aux actes car le football est un sport populaire et multiculturel qui ne peut être volé par des groupes racistes (organisés ou non).

Les clubs de supporters doivent également prendre leurs responsabilités et organiser des campagnes contre le racisme, l’homophobie et le sexisme car cette minorité est bien bruyante et donne l’impression que toute les tribunes chantent.

À nous, en tant que fans de football à y contribuer !

Print Friendly, PDF & Email

Notes   [ + ]