Deux semaines de “confinement”

Voilà deux semaines que le gouvernement Wilmès a annoncé les mesures de confinement. Directement nous avons dénoncé les incohérences entre les appels à rester chez soi alors que des entreprises continuent à « faire fonctionner la machine »(1)Lire : Sauver nos vies, stopper la machine à profits : pour un plan d’urgence social, écologique et féministe face au coronavirus. Face à ce manque de prise au sérieux de la pandémie de Covid-19, il est tout à fait normal de constater que des personnes refusent de rester chez-elleux alors que les transports en communs continuent de circuler et que des services non-essentiels ou non vitaux sont toujours en activité.

Selon les spécialistes, il faut une dizaine de jours pour constater les premiers effets du “confinement”. Force est de constater que les cas de personnes infectées continuent d’augmenter et que le nombre de mort.e.s ne cesse de s’amplifier en Belgique. Il n’y a eu donc toujours pas d’effet car il n’y a pas de réel confinement(2)Lire : L’étude qui fait froid dans le dos: même avec les mesures actuelles, des dizaines de milliers de morts supplémentaires en Europe. Les gouvernements du monde entier privilégient leurs profits et l’économie au détriment de la santé de la population.

Alors que les hôpitaux sont au bord de la surcharge(3)Lire : Coronavirus : « On se rapproche de la capacité maximale de nos hôpitaux », le collectif “La santé en lutte”(4)Suivre la page Facebook ici : facebook.com/La-sant%C3%A9-en-lutte-288609832047392/ ou le Site web : https://lasanteenlutte.org/ nous alerte tous les jours sur les besoins dans le secteur de la santé. Le matériel médical n’est pas suffisant, les travailleurs/euses sont épuisé.e.s, il n’y a toujours pas de test de dépistage en suffisance …

La destruction de nos soins de santé

Cette crise aurait pu être moins mortelle qu’aujourd’hui mais des choix politiques ont été fait par les gouvernements précédents. En 2017 Maggie De Block était interrogée sur RTL concernant le milliard d’euro économisé pour les soins de santé par le fédéral(5)Écouter : 1 milliard d’économie prévu pour les soins de santé: « ça ne touchera pas les patients » selon Maggie De Block. Elle nous assurait que “ça ne va pas toucher les patient.e.s”. Pourtant aujourd’hui c’est bien des patients qui sont victimes de ces économies :

Voilà quelques exemples pour comprendre que ce sont bien les (futurs?) patient.e.s qui sont victimes de ces économies. Elles ne l’ont pas été faites par nécessité mais par choix. Ces choix politiques sont en cohérence avec l’idéal capitaliste qui vise à couper dans les services publics et privatiser. Tout cela dans le but de créer ou d’intensifier de nouveaux marchés de profits avec des soins plus chers et moins remboursés par la collectivité (notre salaire socialisé). Cela poussera inévitablement celleux qui peuvent se le permettre à se tourner vers les assurances santé privées et donc de générer de nouveaux profits pour les assurances.

Depuis des années, le secteur médical nous alerte sur la gravité de la situation dans les soins de santé. Personne ne pouvait prévoir une telle pandémie mais si les demandes formulées, notamment par “La santé en lutte”, avaient été entendues nous aurions pu agir plus rapidement et plus efficacement.

Pire c’est bien le gouvernement Michel (Pour rappel : Sophie Wilmès en était ministre du budget) qui a détruit(10)Lire : La Belgique a détruit son stock de masques FFP2 en février 2019… sans le remplacer le stock de masques (périmés) nécessaires pour une pandémie comme celle que nous vivons. Ce stock de crise n’a jamais été remplacé.

Avec des tests de dépistage pour toute la population, nous aurions pu détecter rapidement les personnes infectées et les soigner au lieu d’attendre que les symptômes les plus graves de la maladie se manifestent. Aujourd’hui le gouvernement refuse toujours de financer ces tests et nous ne savons pas donc pas localiser les sources de l’épidémie en Belgique.

Le 28 février dernier, des médecins tiraient la sonnette d’alarme pour alerter Maggie De Block sur la pandémie de Covid-19. Sa réponse s’est lue sur twitter : elle traitait les médecins de “dramaqueens” et les journalistes de “pleurnicheurs/euses”(11)Lire : “Dramaqueens”, “petite grippe”, premier décès autodémenti, masques détruits ou mal commandés: le mois noir et polémique de Maggie De Block.

La colère monte

Alors que les médecins savaient, que les travailleurs/euses de la santé savaient et que nous le savions tou.te.s (surtout le gouvernement) nous en sommes-là. Rien n’a été fait et les records morbides s’accumulent en Belgique et dans le monde.

Ceux qui ont refusé et qui ont détruit le secteur de la santé jouissent aujourd’hui de pouvoir spéciaux (soutenus par ecolo et le PS) et nous ordonnent de ne “pas polémiquer” parce que “ce n’est pas le moment”. La violence de ces appels à se taire est insupportable !

Maintenant que nous savons que les alertes du personnel soignant étaient avérées et que toute la Belgique subit cette crise, il est temps de crier notre colère.

Ces appels au silence servent surtout la propagande médiatique que les libéraux et tout le gouvernement Wilmès ont mis en oeuvre. La 1ère ministre et son équipe se placent en sauveurs/euses de la nation en invisibilisant les demandes quotidiennes du secteur de la santé. C’est tout bénef pour les familles libérales et chrétiennes démocrates qui avaient perdu de nombreuses voix lors des élections de 2019. Une partie des élécteurs/rices leur avait fait payer des années d’austérité violente ainsi que la collaboration avec la N-VA. En faisant taire la critique, la campagne de polissage fonctionne sans jamais remettre fondamentalement en question leur politique. Les intérêts qu’ils défendent sont toujours ceux des plus riches et de leurs profits tout en essayant de minimiser les risques pour la population. Il faut bien qu’il y ait des travailleurs/euses pour les patrons !

Tous les soirs, à 20h des personnes sortent à leur terrasse, ouvrent leur fenêtre, vont sur leur balcon pour soutenir les travailleurs/euses de la santé mais aussi celleux qui travaillent dans l’alimentation ou le nettoyage. Ces actions se veulent un soutien à ces personnes épuisées et qui sont en première ligne face à la pandémie.

Ce n’est pas la situation que nous souhaitions pour elleux mais nous les soutenons dans cette période difficile sans oublier pourquoi iels en sont là. Afin de mieux les soutenir, plusieurs appels à crier des slogans tous les soirs circulent :

  • “Du fric pour l’hôpital public ! Du blé pour la santé !”
  • “De Block démission !”
  • « Éboueurs, infirmières, caissières : héros de la classe ouvrière ! »
  • « De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! »
  • « Nos vies, nos vies, valent plus que leurs profits ! »

Des banderoles et affiches se multiplient sur nos balcons et nos fenêtres pour dénoncer ce gouvernement criminel et refuser l’appel des bourreaux à une “unité nationale”.

Multiplions ces actions, prenons-les en photo ou filmons-les. Parlons-en autour de nous afin de visibiliser la colère invisible. Rejoignons et intensifions les réseaux de solidarité (particulièrement envers les personnes plus âgées et/ou plus précaires).

Commençons dès à présent à organiser notre colère, à soutenir les revendications des travailleurs/euses de la santé, à soutenir toutes les personnes qui travaillent dans les secteurs reproductifs (soins, alimentation, éducation, …) car la pandémie a prouvé que leur travail est vital pour la société.

Pour que plus jamais nous n’ayons à compter nos mort.e.s pendant que les autres comptent leurs sous : Dès que nous le pourrons à nouveau, prenons la rue, à leurs côtés ! C’est à nous de décider ce qui est bien et nécessaire pour nos vies et pas à un gouvernement qui ne défend pas nos intérêts. Nous sommes plus nombreu.x.ses, nous avons donc la force pour imposer nos revendications à condition de les construire par en bas et démocratiquement ! C’est possible et c’est le seul moyen pour gagner !

Nos vies valent plus que leurs profits !

Photo : La santé en lutte.

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