Nous étions plus d’une centaine à nous rassembler en face de la maison communale de Saint-Gilles ce jeudi 8 octobre. Il s’agissait pour nous de soutenir une interpellation communale afin de dénoncer et exiger des réponses concernant les violences de la part de la police saint-gilloise envers 3 jeunes femmes. Les faits ont eu lieu le soir du 15 août. Alors qu’elles étaient victimes d’agressions et remarques sexistes, elles se sont plaintes à la police. Les policiers se sont directement retournés contre les plaignantes sous-prétexte qu’elles n’avaient pas de masque et ont été violents. Elles ont été arrêtées et les personnes venues les soutenir ou filmer la police (ce qui est un droit) ont également été violentées ou arrêtées(1)Lire le témoignage ici : facebook.com/anna.estievenart/posts/2725233551046191.

Rassemblement contre les violences policières

C’est donc quasiment un mois après qu’une demande avait été introduite pour interpeller le conseil communal. Lors du rassemblement nous avons rapidement appris que cette interpellation avait été refusée. La raison ? Il y avait déjà eu une interpellation sur la question des violences policières (mais pour d’autres faits) il y a moins de 3 mois et le règlement communal interdit de parler du “même” sujet dans les 3 mois. Il s’agit pourtant d’une autre affaire. Les victimes doivent-elles attendre tous les 3 mois pour interpeller le conseil communal si les faits de violence se multiplient ? Nous doutons de la sincérité de la majorité communale (PS-ecolo-Groen) qui se cache derrière un règlement et empêche les citoyen.ne.s d’exprimer leur ras-le-bol ou de poser des questions.

La démocratie, c’est nous !

Les organisateurs/rices, les 3 jeunes femmes ainsi que les personnes présentes pour soutenir ne sont pas résignées. Directement nous avons décidé de mener l’action à l’intérieur de la maison communale. Des prises de paroles ont été organisées : les 3 jeunes femmes, le collectif des madre, la santé en lutte, … Le texte de l’interpellation communale a également été lu en entier comme pour rappeler que la commune ne nous fera pas taire.

Nous avons également pris la parole afin de rappeler la nécessité d’une lutte globale qui interroge le rôle réel de la police, des intérêts qu’elle défend et avons rappelé qu’il ne s’agit pas de quelques pommes pourries qu’il faut jeter mais que le panier tout entier est problématique.

Après les prises de parole, nous avons décidé d’envahir le conseil communal. Nous y avons crié des slogans et interrompu la séance. Notre force collective a obligé les élu.e.s à nous entendre et notre détermination a prouvé que la démocratie n’est pas réservée à une poignée d’élu.e.s qui décident du moment où la population a le droit de s’exprimer ou non. Une élue ecolo de la majorité a osé dire à la foule présente que cette action était antidémocratique (certain.e.s osent tout !) mais Loïc Fraiture, un élu communal du PTB, lui a rappelé que ce refus d’accepter l’intervention était le réel problème. Les élu.e.s du PTB ont d’ailleurs décidé de quitter la séance du conseil communal(2)Lire : facebook.com/ciol.erutiarf/posts/10159026351074612.

La lutte collective

C’est donc encore une fois la démonstration que c’est par la lutte collective que des avancées peuvent êtres gagnées. Alors que la commune refusait d’écouter les victimes, nous les avons forcé à écouter.

Il est donc primordial de construire un réel mouvement de lutte afin de refuser les violences policières, les agressions, le sexisme, le racisme, la LGBT-phobie … Avec la Gauche anticapitaliste, nous tentons quotidiennement de construire des ponts pour un mouvement unitaire et radical qui propose des alternatives à cette police et nous proposons des pistes :

  • Le désarmement de la police dans la perspective de son abolition future !
  • Une commission indépendante de contrôle démocratique et citoyen de la police : c’est à la population que la police doit rendre des comptes, pas au pouvoir en place !
  • Le maintien du droit de filmer l’action policière dans tous les cas : empêcher de filmer et de diffuser des images de violences policières, c’est livrer les victimes à encore plus d’arbitraire.
  • La suppression des SAC (Sanctions Administratives Communales) qui dépouillent le plus souvent les jeunes, les personnes racisées et les personnes vivant dans les milieux populaires.
  • La fin de l’impunité policière et la gratuité totale de la justice pour tou.te.s.
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