Ce dimanche 10 juin, nous étions 2000 à défiler dans les rues de Bruxelles pour réclamer la régularisation de tou.te.s les sans-papiers. La manifestation était organisée par la Coordination des sans-papiers de Belgique (qui regroupe les différents collectifs de sans-papiers en lutte) et était soutenue par plusieurs associations, syndicats, organisations (dont la Gauche anticapitaliste).

Une manifestation combative

Le cortège de tête était composé et animé par les collectifs de sans-papiers, chaque collectif avait une banderole spécifique mais tous se retrouvaient derrière celle de la coordination sur laquelle était inscrit : “Une seule solution : régularisation”. Quelques slogans ont visé spécifiquement Theo Francken et le gouvernement. Certain.e.s réclamaient sa démission, d’autres celle de tout le gouvernement.

Un nouveau collectif, composé de femmes sans-papiers nettoyeuses venues des Philippines a été remarquée. Elles se sont d’ailleurs exprimées sur le podium à la fin de la manifestation. Elles ont pu témoigner de leur exploitation et de leurs conditions de travail misérables.

Les revendications présentes dans l’appel à la manifestation étaient claires :

  1. La régularisation des sans- papiers.
  2. La fermeture des centres fermés.
  3. La liberté de circulation.
  4. L’arrêt des expulsions.
  5. L’arrêt de la criminalisation des sans-papiers.
  6. Le respect des droits fondamentaux comme l’accès aux soins médicaux et à l’éducation.
  7. Le respect et l’application des droits de l’enfant.

Présence des partis faible ou innexistante

Malgré le beau groupe animé de la Gauche anticapitaliste et de son organisation de jeunes, les JAC additionné à un groupe combatif du PSL, les autres organisations politiques n’étaient quasiment pas là.

Le PTB, qui se vante d’avoir plus de 10.000 membres n’a pas mobilisé ses membres et a très peu communiqué au sujet de cette manifestation. Nous avons aperçu 5 drapeaux du PTB/PVDA et entre 5 à 10 membres du PTB présent.e.s dans la manifestation.

Les partis plus traditionnels comme Ecolo et le PS qui défilent dans les médias pour critiquer la politique de Theo Francken n’ont pas cru bon de s’afficher en soutien des revendications légitimes des sans-papiers. Seule exception : la présence de Zoé Genot (députée bruxelloise Ecolo) qui soutient la lutte des personnes sans-papiers depuis de nombreuses années.

Succès mitigé

Cette manifestation a rassemblé moins de monde que les précédentes sur la même thématique. Il semble que beaucoup d’organisations ont encore du mal à laisser la place aux 1ères personnes concernées par la lutte, à laisser l’auto-organisation par les sans-papiers elleux-mêmes et mettre leur énergie à visibiliser leur organisation, leur lutte et leurs discours. Il est d’ailleurs dommage que certaines organisations se permettent encore de prendre la parole publiquement à la place des organisat.eur.rice.s pour réclamer des revendications à la baisse et qui ne correspondent pas à celles de l’appel. Nous avons entendu l’intervention de la FGTB à la radio réclamant des “critères clairs et permanents” pour “organiser cette régularisation” alors que la Coordination n’a jamais réclamé aucun critère et lutte pour la régularisation de tou.te.s !

En ce qui concerne les médias télévisés, ni le JT de la RTBF, ni celui de RTL n’ont dit un seul mot concernant cette manifestation. Un boycott médiatique qui en dit long sur la manière dont la parole des personnes racisées et sans-papiers est considérée par les médias. Dernièrement, lorsque des organisations de personnes avec papiers (dont nous) lançaient une manifestation ou un rassemblement (même avec moins de personnes) sur cette thématique, les médias étaient présents en nombre.

Un nouveau départ

Cette manifestation ne peut pas être un “one shot”. Face à un gouvernement déterminé et qui pousse l’ignoble de plus en plus loin dans sa politique anti-migratoire, il est temps de construire un mouvement qui se construit sur le long terme.

Comme nous l’avons souvent répété, notre meilleure arme est l’unité dans un mouvement radical et qui ne lâche rien. La Coordination des sans-papiers vient de relancer une initiative, à nous de continuer avec elleux en tentant d’élargir le mouvement et en mettant sur place un plan d’action combatif et radical sur le long terme.