Ceci est le texte du tract de la Gauche anticapitaliste qui sera distribué le 12 novembre lors de la manifestation de la coordination des sans-papiers de Belgique !

En Belgique, on estime qu’il y a près de 150.000 personnes sans-papiers,  il y a donc plus d’1% de la population vivant en Belgique privée des mêmes droits que les autres. Une personne qui n’a pas de papiers, n’a quasiment pas de droits : ni celui de circuler librement, ni de travailler, ni de se soigner comme tout le monde, ni le droit à la sécurité …

Europe Forteresse, chasse aux migrant.e.s !

Les gouvernements européens (et belges) qui se sont succédé tentent de nous faire oublier que ces personnes n’ont pas eu le choix et se sont retrouvées obligées de quitter leur pays pour survivre (y compris économiquement). Pour quelle raison ? Ces personnes ont fui la guerre, la misère, le racisme, la répression politique, l’homophobie, la transphobie, le sexisme, les viols, les mariages forcés …

Bafouant les conventions internationales, les gouvernements mettent en place des politiques extrêmement répressives :

  • La fermeture et l’externalisation des frontières européennes n’ont jamais empêché personne de quitter son pays. Les migrant.e.s sont donc forcé.e.s d’emprunter des routes beaucoup plus longues et dangereuses. La méditerranée est devenu un grand cimetière (plus de 5000 mort.e.s en 2016). Objectivement, cette politique a aussi contribué à renforcer les passeurs, des personnes peu scrupuleuses qui profitent des restrictions de nos gouvernements pour extorquer des sommes considérables aux migrant.e.s.
  • Le gouvernement Michel et son secrétaire d’État à l’asile et la migration, Theo Francken, appliquent avec un zèle raciste ces politiques de rejet. La majorité des demandes d’asile sont refusées. Les réponses positives sont limitées dans le temps. L’enfermement  dans des “Centres Fermés”, véritables prisons pour des personnes qui n’ont commis aucun délit, est de plus en plus systématique. Les lois sont modifiées en ce sens. Et Theo Francken a décidé la construction de nouveaux Centres Fermés et même d’y détenir des enfants !
  • Le gouvernement et les communes procèdent à une véritable chasse aux migrant.e.s. Des rafles visant les personnes sans-papiers sont organisées régulièrement dans les transports en commun (Theo Francken prévoit de systématiser les contrôles dans les trains) ou au parc Maximilien (où se retrouvent des dizaines de migrant.e.s qui tentent de rejoindre la Grande-Bretagne), la police reçoit des quotas d’arrestations (ce qui est illégal), les collectifs de sans-papiers sont régulièrement expulsé.e.s de leurs habitations (environ 10 expulsions en un an).

La clandestinité, la précarité, le patronat en profite…

À cause à cette situation les personnes sans-papiers sont forcées de vivre dans la clandestinité. Ce système permet également à des patron.ne.s de profiter de cette situation de précarité et d’insécurité en faisant les faisant travailler pour des conditions de misère, des salaires très bas et des horaires impossibles, sans aucune protection sociale. Nos gouvernements le savent et c’est précisément pour permettre à ces patron.ne.s/entreprises de s’enrichir plus facilement qu’ils maintiennent ces restrictions et cette répression.

Face à ces politiques racistes, les personnes sans-papiers s’organisent pour mener la lutte afin d’obtenir la régularisation et les mêmes droits pour tou.te.s. Nous, Gauche anticapitaliste soutenons activement toutes les initiatives prises par ces collectifs tentons de contribuer à visibiliser cette lutte qui est d’abord la leur mais aussi la nôtre contre les politiques d’austérité, d’inégalités, racistes … qui ne servent que les intérêts des plus riches.

Nous pensons qu’il est urgent de lutter contre les mesures racistes des gouvernements belges et européens. Il est de notre devoir de créer un large mouvement de soutien aux sans-papiers et aux migrant.e.s !

Mais il faut également lutter contre le système qui crée ces injustices et ces inégalités : l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation de tou.te.s, les mêmes droits pour tout.e.s et la régularisation de tou.te.s les sans-papiers sont plus que jamais des revendications centrales pour changer de société et en finir avec cette politique dégradante et assassine !

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